Quelle alimentation préconiser en cas de maladie de Crohn ?

  • Levine A & al.
  • Clin Gastroenterol Hepatol
  • 15 févr. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Alors que de plus en plus de données suggèrent le potentiel rôle de l’alimentation et du microbiome dans la pathogenèse de la maladie de Crohn (MC) et de la rectocolite hémorragique (RCH), peu de préconisations sont encore établies par les sociétés savantes sur le sujet. L’IOIBD (International Organisation for the study of Inflammatory Bowel Disease) vient justement de publier des recommandations basées sur les preuves actuellement disponibles. 

Voici en synthèse les points clés à retenir chez les patients souffrant de maladie de Crohn :

  • Fruits et légumes. Par leur richesse en fibres, ils constituent des substrats énergétiques de la flore épithéliale commensale productrice d’acides gras à chaînes courtes. Une augmentation prudente de leur consommation serait recommandée en cas de maladie de Crohn (faible niveau de preuves). 
  • Sucres raffinés et autres glucides. Les preuves manquent pour pouvoir recommander une modification de l’apport en sucres raffinés ou en glucides complexes en cas de MC (faible niveau de preuve). Les experts rappellent qu’une alimentation pauvre en FODMAP peut être préconisée chez les sujets souffrant de MC et ayant une symptomatologie persistante malgré une diminution de l’inflammation et en l’absence de sténose (faible niveau de preuve).
  • Blé/gluten. Les preuves manquent pour pouvoir recommander une restriction de la consommation de blé ou de gluten chez les sujets souffrant de MC (faible niveau de preuves). Aucune donnée actuelle ne permet d’avancer qu’une alimentation sans gluten présente un bénéfice sur la cicatrisation de la muqueuse. Par ailleurs, le gluten étant également présent dans certaines céréales riches en FODMAP, il est difficile de savoir si l’amélioration des symptômes est liée à la diminution de la consommation en de céréales riches en FODMAP ou à la diminution des apports en gluten. Les preuves de l’impact potentiel du gluten sur les voies de l’immunité sont encore à l’heure actuelle trop faibles.
  • Viande rouge/viande transformée/volaille/oeufs. Chez les patients souffrant de MC il n’est pas nécessaire de restreindre une consommation modérée de viande rouge (hors produits transformés), de volaille maigre (poulet) ou d’œufs (haut niveau de preuves). 
  • Produits laitiers pasteurisés. Aucun consensus entre les experts n’a pu être obtenu sur ces aliments. notons cependant que, dans les pays développés, de nombreux produits laitiers contiennent des quantités significatives d’émulsifiants, de carraghénanes et d’autres agents épaississants non sans effet délétère, nous le verrons un peu plus loin.
  • Lipides. Les experts de l’IOIBD soulignent qu’en cas de MC, il est prudent de réduire la consommation de lipides saturés (faible niveau de preuves) et d’éviter les acides gras trans (très faible niveau de preuves).
  • Alcool et autres boissons. Aucune preuve scientifique ne permet de préconiser autre chose que le maintien d’une faible consommation d’alcool en cas de MC.
  • Maltodextrine/édulcorants artificiels. Il semble prudent de limiter la consommation d’aliments contenant des maltodextrines et des édulcorants artificiels chez les patients souffrant de MC (très faible niveau de preuve).
  • Émulsifiants, épaississants, carraghénanes. Il semble également prudent chez les patients souffrant de MC, de limiter la consommation d’aliments contenant des carboxyméthylcellulose (ou E466), du polysorbate 80 (ou E433), des carraghénanes – présents dans les desserts à base de produits laitiers, les plats surgelés et les viandes transformées - (très faible niveau de preuves).
  • L’oxyde de titane et autres nanoparticules. De la même façon, une limitation de la consommation de produits transformés contenant du dioxyde de titane ou des sulfites, semble une attitude prudente chez les patients qui souffrent de MC (faible niveau de preuve).