Quel est le traitement le plus efficace dans la polypose nasale?

  • Oykhman P & al.
  • J Allergy Clin Immunol

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une revue systématique et méta-analyse en réseau a compilé les données relatives aux thérapies ciblées ou la désensibilisation à l’aspirine de plus de 3.400 patients atteints de polypose nasale avec ou non un asthme et/ou sensibilisation à l’aspirine.

  • Elle suggère que plusieurs sont efficaces sur le plan de la qualité de vie, des symptômes, du recours aux corticoïdes oraux ou à la chirurgie ou encore sur la taille des polypes par rapport au placebo, et que le dupilumab serait le plus efficace d’entre eux sur les différents paramètres évalués.

Pourquoi est-ce important ?

La polypose nasale est souvent associée à l’asthme et, pour une partie d’entre eux à une intolérance aux AINS (syndrome de Widal ou triade de Samter). Le traitement conventionnel repose sur le rinçage nasal à l’eau salée et des corticoïdes topiques ou, en cas d’échec, sur des corticostéroïdes oraux de secours (OCS) et/ou une chirurgie. Plus récemment, des anticorps monoclonaux (Acm) sont envisagées dans les formes sévères ou réfractaires aux autres traitements, et la désensibilisation à l'aspirine lorsqu’une sensibilisation existe conjointement. Aucune méta-analyse n’ayant pour l’heure intégré l’ensemble de ces options, il était intéressant de conduire une analyse en réseau offrant une comparaison face-face indirecte.

Méthodologie

Toutes les études cliniques randomisées conduites sur le sujet et publiées avant août 2021, toutes langues confondues, ont été identifiées par une revue systématique de la littérature puis incluses dans la méta-analyse.

Principaux résultats

Au total, l’analyse a été menée à partir des publications relatives à 24 études cliniques conduites sur 7 Acm différents, ainsi que 5 études de désensibilisation à l’aspirine. Les patients inclus dans cette méta-analyse avaient en moyenne 49 ans, et 38% étaient des femmes. Au total, environ les trois quarts avaient un asthme ou avaient des antécédents de chirurgie des polypes. Enfin 18 de ces études ont été jugées comme étant à risque de biais faible ou probablement faible.

Concernant la qualité de vie (mesurée selon l’échelle SNOT-22, cotée de 0 à 110, le plus bas étant le mieux ; 20 ECR, n=2.530), le dupilumab, l'omalizumab, le mépolizumab,et la desensibilisation sont apparus statistiquement efficaces, dans l’ordre décroissant d’efficacité (différence moyenne poolée comprise entre -19,91 et -10,61 points). Les comparaisons face-face suggèrent que le dupilumab est supérieur au mépolizumab et au benralizumab (-7,03 [-11,54 à -2,52] et -12,23 [-17,35 à -7,12]), et que le dupilumab et l'omalizumab (-9,30-13,99 à -4,62]) et -5,48 [-10,92 à -0,04]) seraient supérieurs à la désensibilisation.

Concernant les symptômes de la sinusite (mesurés selon une échelle visuelle analogique, cotée de 0 à 10, le plus bas étant le mieux ; 17 ECR, n=2.204), le dupilumab, l'AAS-D, l'omalizumab et le mépolizumab étaient supérieurs au placebo, dans l’ordre décroissant d’efficacité (différence moyenne poolée comprise entre -3,25 et -1,82 points).

Concernant l’odorat (mesuré par le test d'identification de l'Université de Pennsylvanie, coté entre 0 et 40, le plus élevé étant le mieux;14 ECR, n=2.046), le dupilumab, le mépolizumab, l'omalizumab, le benralizumab et l'AAS-D étaient supérieurs au placebo dans l’ordre décroissant d’efficacité (différence moyenne poolée comprise entre 10,96 et 2,72). Par ailleurs, le dupilumab semblait supérieur au mépolizumab, à l'omalizumab, au benralizumab et aux ASA-D, dans l’ordre croissant de différence (différence moyenne comprise entre 4,83 et 8,24).

Concernant le recours à une croticothérapie orale (8 ECR, n=1.844), seuls le dupilumab le mépolizumab et le benralizumab étaient supérieurs au placebo, dans l’ordre décroissant d’efficacité (différence de risque de recours -21,73% à -9,91% ). Par ailleurs, le dupilumab semblait supérieur au mépolizumab et au benralizumab (respectivement -11,52% [-15,11 à -6,17] et -12,07 % [-24,95 à -3,89]).

Concernant le recours à la chirurgie des polypes (11 ECR, n=2.001), le dupilumab, le mépolizumab et l'omalizumab étaient supérieurs au placebo, dans l’ordre décroissant d’effiacité (de -16,35% à -7,40%). Par ailleurs, le dupilumab semblait supérieur à l'omalizumab (-8,95% [-10,99 à -5,35]).

Enfin, concernant la taille des polypes nasaux (mesuré selon le score eNPS coté de 0 à 8, le plus bas étant le mieux ;17 ECR, n=2.174), le dupilumab, l'omalizumab et le mépolizumab diminuaient la taille des polypes nasaux, dans l’ordre décroissant d’efficacité (différence moyenne comprise entre -2,04 et -1,06). Par ailleurs, le dupilumab semblait supérieur à l'omalizumab (-0,94 [-1,86 à -0,03]).

Du point de vue de l'innocuité, les produits biologiques ne semblent pas différents du placebo, mais ils ont un meilleur profil d'innocuité que la désensibilisation