Quel est le risque de colonisation par le SARM chez les patients diabétiques ?

  • Bossuyt P & al.
  • Gut
  • 6 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Il est admis que le diabète est un facteur de risque important de colonisation au Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) en milieu hospitalier, or cet agent pathogène nosocomial est associé à une morbi-mortalité importante. Les résultats d’une méta-analyse confirment ce fait en apportant des données de prévalence de colonisation. Les analyses ont montré que les patients diabétiques avaient un risque de colonisation par le SARM bien supérieur aux individus non diabétiques. La prévalence de la colonisation au SARM chez les patients diabétiques atteindrait 13,46% et 8,33% respectivement chez les patients hospitalisés et en ambulatoire. Ces résultats se sont révélés être supérieurs aux données de la littérature. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Les sujets diabétiques sont parmi les patients les plus à risque d’infection au Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline. Alors que certaines méta-analyses ont examiné la prévalence du SARM chez d’autres populations à haut risque, comme les hémodialysés, les sujets HIV-positifs, ou encore les patient de néonatalogie ou en soins pédiatriques intensifs, aucune méta-analyse n’avait encore évalué la prévalence du SARM chez les sujets diabétiques, d’où l’intérêt de cette étude.

Méthodologie

Une revue de la littérature a été réalisée pour identifier les études les plus pertinentes ayant évalué la prévalence d’une colonisation et d'une infection par SAMR chez la population diabétique en hospitalisation et en ambulatoire. Les données ont été différenciées autour de la prévalence de la colonisation du SARM, du pied diabétique et des autres infections.

Principaux résultats

Au total, 68 études publiées entre 2002 et 2018 ont été incluses, soit 23 groupes de données et 11.577 patients diabétiques avec colonisation SARM. Les analyses ont montré une différence de colonisation tout à fait significative entre les patients diabétiques et non diabétiques : le taux poolé de colonisation SARM sur l’ensemble de la population diabétique était de 10,27% ([6,27-15,12%], I96,80%, n=8.975), et de 5,52% ([2,93-8,88%], I99,18%, n=28.976) chez les non-diabétiques.

Parmi les patients diabétiques, ceux sous hémodialyse présentaient les plus forts taux de colonisation (19,08%), suivi des patients hospitalisés (13,46%), des patients en ambulatoire ou consultant les urgences (8,33%). Alors que la prévalence de la colonisation SARM était de 2,19% chez les patients diabétiques en ville.

Les patients souffrant de pied diabétique avaient une prévalence de colonisation SARM de 16,78% ([13,21-20,68%], I96,16%).

Principales limitations

Cette méta-analyse est limitée par le faible nombre d’études éligibles et la forte hétérogénéité des études.