Quel est le profil des seniors découvrant leur séropositivité VIH ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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En 2016, un diagnostic VIH sur 5 a été posé chez une personne de 50 ans et plus (1.184 sur 6.003), dont une majorité avait moins de 60 ans (73%) et avait été contaminée lors de rapports hétérosexuels (51%). Au regard de la part significative des infections récentes (28%), il semble important de renforcer les messages de prévention et de sensibilisation au dépistage auprès de cette population.

L’analyse des déclarations obligatoires d’infection à VIH entre 2008 et 2016 a été publiée dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire . L’interprétation des chiffres propres aux seniors au cours du temps et leur comparaison à ceux des populations plus jeunes a permis aux auteurs de ce travail de mettre en évidence plusieurs spécificités, qui constituent autant d’axes sur lesquels s’appuyer pour mieux repérer et prendre en charge les seniors infectés :

  • le nombre de seniors ayant découvert leur séropositivité a augmenté de 22% entre 2008 et 2014 (de 1.041 à 1.268), pour rester stable ensuite. Dans 72% des cas, il s’agissait d’hommes dont 51% étaient hétérosexuels (parmi lesquels 53% étaient nés à l’étranger). Parmi les 28% de femmes seniors nouvellement contaminées, 59% étaient nées à l’étranger contre 82% des femmes de 25-49 ans.

  • le nombre d’hétérosexuels seniors ayant découvert leur séropositivité est resté stable entre 2008 et 2016, alors qu’il a diminué chez les plus jeunes, suggérant une moins bonne appropriation des conseils de prévention. Parallèlement, le nombre d’HSH seniors ayant découvert leur séropositivité a augmenté sur la même période, quelle que soit leur origine, alors que ce chiffre est en recul chez les 25-49 ans.

  • Parmi les seniors découvrant leur séropositivité, 48% n’avaient jamais réalisé de test préalable. Ils étaient d’ailleurs plus nombreux à être diagnostiqués à un stade avancé de l’infection (38% vs 26% chez les 25-49 ans) et au stade sida (20 % vs 10%).

  • La proportion de seniors parmi les nouvelles infections diagnostiquées était supérieure à 30% en Martinique, en Guadeloupe et en Bourgogne Franche-Comté alors qu’elle était inférieur à 16% en Pays de Loire, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes et Guyane.

Cette étude, avec d’autres (enquête Rapport au Sexe 2017, Baromètre Santé 2016, KABP 2010), suggère que les seniors sous-estiment les messages de prévention et le risque d’être infecté. Les professionnels de santé, de leur côté sont également concernés, et probablement peu à l’aise avec le fait de discuter sexualité à risque et dépistage VIH avec cette frange de la population. Ils peuvent néanmoins appuyer cette activité de dépistage sur la base des recommandations de la HAS préconisant au moins un test VIH entre 15 et 70 ans.