Quel est le poids de la résistance aux carbapénèmes dans les pays en développement ?

  • Stewardson AJ & al.
  • Lancet Infect Dis
  • 1 juin 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Dans les pays à faibles et moyens revenus, la résistance aux carbapénèmes est associée à une mortalité accrue et à des durées de séjour hospitalier plus longs chez les patients souffrant de septicémie liée à une entérobactérie. Des résultats qui viennent souligner la nécessité de nouvelles stratégies pour prévenir et traiter ces infections résistantes dans ces régions du monde.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Parmi les entérobactéries, la prévalence des résistances aux céphalosporines de 3génération est élevée et le recours aux carbapénèmes de plus en plus fréquent pour traiter les septicémies qui leur sont dues. Mais la plupart des études ayant évalué l’effet des résistances aux carbapénèmes sur la santé ont été réalisées dans les pays à revenus élevés. Ce fardeau reste peu exploré dans les pays à faibles et moyens revenus, alors même qu’il a été montré une relation inverse entre revenu national et prévalence des infections résistantes. L’étude PANORAMA menée à la demande de l’OMS a donc mesuré l’impact de la résistance à cette famille d’antibiotiques sur la mortalité intra-hospitalière et la durée des séjours chez des patients atteints de septicémie liée à une entérobactérie dans 10 pays en développement.

Méthodologie 

Des patients atteints de septicémie à entérobactéries sensibles (ESC) ou résistantes (ERC) aux carbapénèmes ont été enrôlés à partir de 16 sites représentant 10 pays à faibles (Bangladesh, Népal) et moyens revenus (Colombie, Égypte, Ghana, Inde, Liban, Népal, Nigéria, Pakistan et Vietnam).

Résultats 

  • L’étude a finalement inclus 297 patients, 174 patients avec une septicémie à ESC et 123 avec une infection à ERC (âge moyen 46 ans, 61% d’hommes).
  • Au cours du séjour hospitalier, le taux de mortalité brut a été plus important chez les sujets atteints d’infection à ECR (35%) que chez les patients infectés par des bactéries sensibles (20%).
  • La présence d’une résistance aux carbapénèmes a pu être associée à une augmentation de la mortalité hospitalière.
  • Une augmentation de la durée des séjours hospitaliers de 3,7 jours a également été observée chez les sujets porteurs de bactéries résistantes. Une persistance de la bactériémie et des récidives était aussi plus fréquente chez les sujets porteurs de bactéries résistantes.
  • Les auteurs notent par ailleurs qu’une exposition aux soins avant la septicémie était plus fréquemment associée à la présence d’une résistance.
  • Le gène de résistance blaKPC a été retrouvé dans les souches isolées dans le Sud de l’Asie, mais 13 souches ne possédaient aucun gène codant pour une carbapénémase, suggérant l’existence d’autres mécanismes de résistance.

Limites

L’étude a été principalement réalisée au sein d’établissements tertiaires de grandes métropoles, ce qui limite la généralisation des résultats qui pourraient bien être plus marqués dans les établissements ruraux.