Quel est le meilleur facteur anthropométrique pour prédire une augmentation de pression artérielle ?

  • Vallée A & al.
  • Am J Hypertens
  • 18 juin 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Parmi les différents paramètres anthropométriques pouvant influencer la pression artérielle (PA), l’augmentation de l’IMC apparaît être le plus fort facteur prédictif d’une augmentation des chiffres de PAS/PAD, par rapport à la valeur absolue de l’IMC, le tour de taille ou le ratio taille/hanche. La diminution de l’IMC apparaît associée à une baisse plus modeste des chiffres de PA. Aussi, la prévention de la prise de poids peut être plus efficace qu’une réduction pondérale face à la problématique que représente l’HTA en population générale.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

On sait que l’IMC ne reflète qu’imparfaitement la composition corporelle en masse grasse et, en conséquence, ne constitue qu’un marqueur imparfait du risque d’HTA. D’autres mesures anthropométriques souvent utilisées – tour de taille, tour taille/hanche, variation de l’IMC- sont pertinentes, mais leur spécificité prédictive n’est pas établie précisément. Cette étude propose de comparer l’apport de ces différentes mesures selon le sexe.

Méthodologie

ESTEBAN est une étude en population française visant à étudier les habitudes et consommations alimentaires, l’activité physique et la prévalence de certains facteurs de risque ou de maladies chroniques ou cardiovasculaires.

Principaux résultats

  • L’analyse a été menée à partir des données de 2.105 patients (âge moyen 47,2 ans, 55% de femmes) dont l’IMC moyen était de 25,9 kg/m², la variation annuelle de poids moyenne ajustée était de 0,20 kg/an et la PAS moyenne était de 127 mmHg. Au total, la prévalence de l’HTA était de 31,3% (38,1% chez les hommes, 25,0% chez les femmes), dont 48,9% était traitée par antihypertenseurs.
  • Tous les paramètres anthropométriques étudiés (IMC, tour de taille, tour taille/hanche) avaient des valeurs associées à celle de la PAS, de la PAD et à la PA moyenne. Cependant, la variation annuelle de poids ajustée sur l’âge était celle qui avait la valeur de corrélation avec la variation de PA la plus élevée.
  • Ainsi, les hommes et les femmes ayant une augmentation de poids ajustée de +1 kg/an avaient respectivement une PAS de 131,1 mmHg et 128,8 mmHg, et une PAD de 78,4 mmHg et 77,6 mmHg, contre respectivement 125,6 et 125,6 mmHg de PAS et 76,6 et 76,6 mmHg pour ceux qui n’avaient pas pris de poids, soit une augmentation de PAS/PAD de 5,5/1,8 mmHg pour les hommes et 3,3/1,0 mmHg pour les femmes (p
  • À l’inverse, une perte annuelle de poids ajustée supérieure à 0,4 kg/an permettait de diminuer la PAS et la PAD de 0,5 et de 0,1 mmHg pour les hommes, par rapport à ceux dont l’IMC n’avait pas bougé. Ces chiffres étaient de - 0,7 et -0,1 mmHg respectivement chez les femmes.

Principales limitations

L'étude était transversale et n'a pas utilisé tous les paramètres pouvant décrire la composition en masse grasse.