Quel est le lien entre l’Homme de Néandertal et le COVID-19 ?

  • Frédéric ADNET, Chef de service des urgences à l’hôpital Avicenne, Paris.
  • Nature

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.
Variant_neandertalien_et_COVID-19_Univadis_ElodieGazquez_1

Bien que des facteurs de risque des formes sévères de COVID-19 aient été mis en évidence (âge, obésité, sexe masculin, …), il semblerait que le capital génétique entre également en jeu. En effet, une étude récente a identifié deux régions génomiques associées à des cas sévères de COVID-19 : l’une sur le chromosome 3 et l’autre sur le chromosome 9 ; cette dernière détermine également les groupes sanguin ABO1. D’autres données ont ensuite mis en évidence que l’association n’était significative que pour la région portée par chromosome 3. La présence d’un variant néandertalien dans cette région augmenterait de 60% le risque d’hospitalisation (odds ratio 1,6 [1,42-1,79]). Cette particularité génétique a été identifiée à partir d’échantillons génomiques néandertaliens fossilisés découverts en Croatie. Il s’avère que ce variant néandertalien aggravant l’infection à SARS-CoV-2 serait plus présent chez certaines populations que d’autres. En effet, on le retrouverait chez 63% des personnes ayant des origines bangladaises, 30% de celles originaires d’Asie du Sud, 8% de celles originaires d’Europe et il serait presque totalement absent chez les Africains.

« La présence de formes graves en dehors de tout facteur de risque nous amène à nous poser la question d’une susceptibilité génétique. La mise en évidence de ces susceptibilités pourrait venir compléter la liste des critères permettant de mieux comprendre pourquoi le virus serait plus agressif chez des patients « atypiques ». Les auteurs de cette étude rappellent cependant que l’âge reste le facteur de risque principal de sévérité de la maladie et c’est vraiment ce que nous constatons au quotidien aux urgences, bien que nous nous interrogions effectivement sur le fait que certains patients puissent être plus sujets aux formes sévères. La génétique n’est probablement pas la seule cause. D’autres études ont évoqué les conditions de vie et le risque de contact lié au travail effectué » précise le Professeur Frédéric ADNET, chef de service des urgences de l’hôpital Avicenne. 

D’autres études sont en cours et viendront conforter ou non l’hypothèse de l’impact de notre capital génétique sur la sévérité de la maladie.