Quel est l’impact d’une glycémie élevée et du diabète de type 2 sur l’atrophie cérébrale ?

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Il est maintenant communément admis que l’âge est associé à une atrophie cérébrale, en particulier aux derniers stades de la vie. À partir de la soixantaine, une baisse du volume cérébral d’environ 0,5% par an en moyenne est enregistrée, dont 0,33% pour la substance grise et de 0,62 à 0,68% pour la substance blanche. Cette perte de matière cérébrale est significativement majorée (jusqu’à 3 fois plus) en cas de diabète non insulino-dépendant (DNID) comparativement à des sujets présentant une glycémie normale à jeun. Il était intéressant d’évaluer l’impact du DNID, ainsi que des glycémies élevées sur l’atrophie cérébrale, d’après le suivi longitudinal d’une large population australienne.

Méthodologie

  • Population étudiée : patients de la cohorte australienne PATH (PersonnAlity and Total Health) investiguant de nombreux paramètres cliniques rapportés à l’âge.
  • Un échantillon de la cohorte PATH : patients âgés de 60 à 64 à l’inclusion, ayant fait l’objet d’au moins 4 IRM au cours de 4 années différentes et dont la glycémie à jeun a été mesurée à trois reprises. Cet échantillon ne différait pas de l’ensemble de la cohorte PATH, excepté en ce qui concerne le niveau d’éducation qui était sensiblement plus élevé.
  • Le DNID a été défini en plusieurs groupes : auto-déclaré ; diabète objectivé par 2 mesures ou plus de la glycémie à jeun >7mmol/L ; trouble modéré de la glycémie à jeun (sans DNID et au moins 2 mesures de glycémie ≥ 5,6mmol/L) ; valeur de glycémie normale (sans DNID ou trouble modéré de la glycémie, deux mesures ou plus de glycémie <5,6mmol/L).
  • Les scans cérébraux ont permis de mesurer le volume cérébral total, ainsi que le volume de substance grise et de substance blanche.

Résultats

  • Après exclusions dues principalement à des données manquantes, 279 patients ont été suivis dans le cadre de ce protocole.
  • Chevauchement entre glycémie et diagnostic de diabète :
    • Comme on pouvait s’y attendre, les patients des groupes à hyperglycémie modérée et DNID ont présenté après modélisation des glycémies significativement plus élevées que dans le groupe à glycémie normale avec des taux respectifs de 0,76mmol/L [IC95% : 0,59-0,94] et 1,74mmol/L [IC95% : 1,55-1,94]. 
    • Plusieurs modèles d'analyse multivariée ont indiqué que glycémie et DNID n’interagissaient pas de façon significative pour prédire la perte de volume cérébral total (b=-3,08ml, [-10,15 à 3,98]), le volume de la substance grise (b=-4,08ml [-8,52 à -0,35]) ou celui de la substance blanche (b=0,94ml [-4,38 à -6,25]).
  • Rapport entre glycémie, groupes de diabète et volumes cérébraux :
    • Le taux de glucose n’a pas été associé de manière significative au volume cérébral total ni au volume total de matière blanche.
    • Les patients du groupe DNID ont présenté en moyenne un volume cérébral total significativement inférieur par rapport aux sujets du groupe ayant une glycémie normale (b=-30,64ml [-44,62 à -16,67]) p<0,001. Le volume de substance grise (b=-9,62 [-18,01 à -1,24]) p<0,05, et le volume de substance blanche (b=-19,59ml [-29,63 à -9,54]) étaient également diminués de façon significative.
  • Association entre la glycémie, le DNID et la variation du volume cérébral dans le temps :
    • La glycémie est associée à la diminution de volume cérébral total annuel à partir de 60 ans (environ 0,43ml pour 1mmol/L par an), ainsi qu’à la perte de substance grise (environ 1,45ml pour 1mmol/L par an).
    • Les patients atteints de DNID sont significativement et exclusivement associés à une perte de substance grise cérébrale (environ 0,75ml pour 1mmol/L par an).

Limitations

Une causalité inverse ne peut être exclue : altération des capacités cognitives entraînant une modification des habitudes alimentaires avec influence sur la glycémie.

À retenir

Cette étude longitudinale suggère que l’impact d’une glycémie élevée sur la perte de volume cérébral n’est pas spécifique au DNID.