Quel est l’impact cardiovasculaire de la metformine ?

  • Bergmark BA & al.
  • Circulation
  • 31 juil. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

  • Des analyses post-hocde l’étude SAVOR-TIMI 53 ont montré que la prise de metformine chez des sujets diabétiques de type 2 à haut risque cardiovasculaire était associée à une plus faible mortalité toutes causes confondues. 
  • En revanche aucune association n’a été mise en évidence sur un critère composite constitué du décès d’origine cardiovasculaire, de l’infarctus du myocarde ou de l’AVC ischémique.
  • Aucune relation de ce type n’a été mise en évidence spécifiquement chez les sujets ayant des antécédents d’insuffisance cardiaque ou de maladie rénale chronique modérée à sévère.
  • Ainsi, la metformine en première ligne de traitement ne devrait pas modifier l’éventuel bénéfice ou la neutralité cardiovasculaire d’autres antidiabétiques associés à ce traitement.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Bien que la metformine soit recommandée en première ligne de traitement chez les sujets diabétiques de type 2, ses effets sur le système cardiovasculaire n’étaient pas clairement évalués jusqu’à présent.

Méthodologie

Cette étude est une analyses post-hocde l’étude SAVOR-TIMI 53 (Saxagliptin and Cardiovascular Outcomes in Patients with Type 2 Diabetes Mellitus-Thrombolysis in Myocardial Infarction) qui avait comparé la saxagliptine (iDPP-4) à un placebo chez des sujets diabétiques de type 2 ayant une maladie cardiovasculaire ou à risque élevé de maladie cardiovasculaire. La metformine reste le traitement de première intention chez les sujets DT2. SAVOR-TIMI 53 offre ainsi l’opportunité avec 16.492 patients inclus d’explorer également l’association entre la prise de metformine et la survenue d’évènements cardiovasculaires chez des populations à haut risque cardiovasculaire. Le critère composite évalué était constitué de l’infarctus du myocarde, l’AVC ischémique ainsi que la mortalité cardiovasculaire et toutes causes. Ces données ont été comparé à celles d’une méta-analyse de 25 études (n=815.639 patients).

Principaux résultats

Au total, 74% (n=8.971) des patients inclus dans l’étude SAVOR-TIMI 53 avaient été exposés à la metformine, 13% (n=1.611) avaient un antécédent d’insuffisance cardiaque et 11% (n=1.332) une maladie chronique rénale modérée ou sévère (DFGé ≤45 mL/min/1,73m2). Après un suivi médian de 2,1 ans, 937 évènements liés au critère composite d’évaluation ont été notifiés.

La prise de metformine n’était pas associée à une différence de survenue du critère composite d’évaluation (hazard ratio0,92 [0,76-1,11], mais en revanche, elle était associée à une diminution de la mortalité toutes causes confondues (HR 0,75 [0,59-0,95]). Ces données issues de la méta-analyse ont également montré une diminution de la mortalité toute cause chez les sujets traités par metformine (HR 0,74 [0,68-0,81]). Aucune relation de ce type n’a été mise en évidence chez les sujets ayant des antécédents d’insuffisance cardiaque ou une maladie rénale chronique modérée à sévère.

Aucune différence n’a été mise en évidence en ce qui concerne le taux d’IDM, d’AVC ischémique, d’hospitalisation pour IC ou d’hypoglycémie majeure. 

Financements

SAVOR-TIMI 53 est une étude sponsorisée par AstraZeneca et Bristol-Myers Squibb.