Que sait-on vraiment de l’impact de l’activité physique sur la santé osseuse ?

  • Cauley JA & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 20 nov. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Au total, 18 études observationnelles prospectives évaluant le lien entre activité physique et incidence des fractures chez des sujets de 40 ans et plus ont été idenfiées dans le cadre d’une revue de la littérature pragmatique publiée par un groupe de chercheurs dans The Lancet. Parmi elles, seulement 11 ont été jugées de bonne qualité méthodologique. La plupart d’entre elles suggèrent qu’une augmentation de l’activité physique (principalement liée aux loisirs) serait associée à une réduction du risque de fracture de la hanche et du risque fracturaire global. Mais une seule étude a utilisé des mesures objectives de l’activité physique (la plupart ayant été menées par autodéclaration).

Par ailleurs, d’autres études rapportent des résultats contradictoires, notamment deux études qui montrent un risque accru de fracture chez l’homme lorsque l’activité physique liée au travail est augmentée.

Au global, des preuves modestes existeraient sur l’efficacité de l’activité physique sur la résistance osseuse, et sur la densité minérale osseuse volumétrique et corticale. L’exercice dans l’eau pourrait être moins efficace que l’exercice au sol, et les preuves de l’effet du tai-chi sont encore faibles. Certaines données suggèrent que les exercices en résistance progressive associés à des exercices avec impact pourraient être plus bénéfiques sur la résistance osseuse, au niveau du col fémoral et de la colonne lombaire. Ceci a été montré chez des femmes ménopausées, l’impact chez l’homme n’étant en revanche pas connu.

Les chercheurs soulignent l’importance de mettre en place des études robustes

Les essais cliniques randomisés de bonne qualité méthodologiques manquent cruellement. Globalement, la définition de l’activité physique telle qu’elle est décrite dans les études n’est pas homogène, et celle-ci est majoritairement autodéclarée ce qui conduit à un risque de biais et à une surestimation de sa pratique. Par ailleurs, certains sujets peuvent être traités par bisphosphonates en parallèle ce qui peut limiter la réponse des cellules osseuses à l’exercice. La durée des études est souvent courte, et certains facteurs confondants ne sont pas considérés. Tout cela rend bien difficile la formulation de recommandations fortes sur l’intérêt de l’activité physique sur le risque fracturaire. Les auteurs de cette revue mettent en évidence l’importance de conduire des essais de qualité qui tiennent compte de ces facteurs. Cependant, les études évaluant l’impact de l’activité sur le risque fracturaire peuvent s’avérer coûteuses. Face à ce constat, les auteurs suggèrent de s’appuyer sur des critères de substitution utilisés dans certaines études montrant qu’une amélioration de 2% de la DMO totale à la hanche pourrait réduire de 28% le risque de fracture vertébrale et de 16% le risque de fracture de la hanche, tandis qu’une amélioration de 6% de la DMO de hanche totale pourrait réduire de 66% le risque de fractures vertébrales et de 40% le risque de fractures de hanche. 

 

Rappel sur les recommandations du GRIO chez les femmes ménopausées atteintes d’ostéoporose

Les recommandations 2018 du Groupe de Recherche et d’Information sur les Ostéoporoses (GRIO) sur le traitement de l’ostéoporose post-ménopausique  soulignent l’intérêt de « l’activité physique permettant de renforcer l’équilibre ». « L’inclusion dans des programmes d’activité physique comprenant un entraînement spécifique visant à améliorer l’équilibre, est un facteur clé de succès vis-à-vis du risque de chute. Il doit être bien entendu associé à d’autres types d’exercices (renforcement musculaire, travail de la coordination et de l’endurance, augmentation des amplitudes articulaires, en particulier de cheville) » dont l’intérêt a été montré sur la diminution du risque de chute. Chez les plus de 65 ans, ces mêmes recommandations préconisent « de pratiquer une activité physique d’intensité modérée à élevée, 2 jours par semaine ou plus, de préférence non consécutifs, à raison de 8 à 10 exercices répétés 8 à 12 fois chacun ».