Que sait-on vraiment de l’impact de l’activité physique durant la grossesse ?

  • Michalek IM & al.
  • Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol
  • 29 juin 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une revue de la littérature évaluant l’impact de l’activité physique maternelle sur le fœtus met en évidence que :

  • durant les grossesses non compliquées, il existe un bénéfice ou une neutralité de l’activité physique sur la fréquence cardiaque fœtale, le flux sanguin ombilical et cérébral et le score Apgar, lorsque celle-ci est pratiquée selon les recommandations, 
  • il existe peu d’études ayant évalué d’autres paramètres fœtaux et néonataux, incitant ainsi à mener des études randomisées et contrôlées robustes.

Pourquoi ces résultats sont intéressants

Jusqu’au milieu du 20e siècle, les femmes enceintes étaient incitées à favoriser la sédentarité. Depuis, des études ont mis en évidence qu’une activité physique adaptée durant la grossesse réduisait le risque de morbidité maternelle, fœtale et néonatale. Actuellement, l’American College of Obstetricians and Gynecologists recommande 20 à 30 minutes d’activité d’intensité modérée par jour, la plupart des jours de la semaine ou tous les jours. Cette revue de la littérature met tout particulièrement en exergue le peu de données disponibles sur l’impact de l’activité physique durant la grossesse sur de nombreux paramètres fœtaux et néonataux.

Méthodologie

À partir d’une revue de la littérature (sur PubMed et Science Direct), des chercheurs ont évalué l’effet de l’activité physique durant la grossesse. Les différentes études incluses ont mesuré la fréquence cardiaque fœtale, les mouvements fœtaux, le suivi des circulations placentaires et fœtales, l’index de liquide amniotique, le score Apgar et l’équilibre acide-base du sang du cordon à l’accouchement. 

Principaux résultats

Au total, 73 publications ont été incluses (n=7.867), dont 42 qui ont évalué l’effet de l’activité physique en aigu et 31 en chronique. Seulement 16 études randomisées, contrôlées ont évalué l’activité physique chez la femme enceinte (3 en aigu et 13 en chronique). Les évaluations ont permis de mettre en évidence que l’effet de l’activité physique de la mère est positif ou neutre sur la fréquence cardiaque fœtale, l’échographie Doppler ombilicale et cérébrale et le score Apgar.

Aucun effet délétère de l’activité physique maternelle à l’échographie ombilicale ou cérébrale n’a été mis en évidence. 

Peu de données concernaient l’évaluation des artères utérines par échographie, des mouvements fœtaux, de l’indice du liquide amniotique et de l’équilibre acido-basique du sang du cordon ombilical à la naissance. Il n’a donc pas été possible de rechercher d’éventuelles associations sur ces critères. Ceci soulève l’intérêt de mettre en place des études de qualité dans ce domaine.

Limitations

Les auteurs mentionnent un manque d’homogénéité dans les mesures de l’intensité de l’activité physique maternelle entre les différentes études.