Que sait-on de l’impact des aliments sur les MICI ?

  • Hsieh MS & al.
  • J Formos Med Assoc
  • 14 oct. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Ce sujet fera l’objet de deux articles. Le premier portera sur les rôle des macronutriments dans les maladies inflammatoires des intestins (MICI) et le second sur les preuves scientifiques dont nous disposons sur différents régimes alimentaires utilisés dans ce contexte.

L’alimentation : de la pathogenèse à la thérapeutique

Bien que les MICI soient multifactorielles, trois éléments principaux de causalité sont évoqués : la rupture de la barrière intestinale par agression de facteurs environnementaux, dont font partie certaines habitudes alimentaires, la dysbiose intestinale consécutive et l’inflammation chronique favorisée par la susceptibilité génétique de l’individu. Il est aujourd’hui admis que la viande rouge, les sucres raffinés, les aliments transformés et les acides gras saturés favorisent la dysbiose intestinale, la rupture de la barrière intestinale ou « leaky-gut syndrome » et la perturbation du système immunitaire du fait de l’intolérance des cellules T.  Voyons quel est l’impact des différents nutriments.

Les glucides

Les disaccharides (lactose, maltose, saccharose) et les polysaccharides (amidon) nécessitent l’intervention d’enzymes intestinales pour leur digestion en monosaccharides (glucose, galactose, fructose) avant d’être absorbés. Or, non digérés, ces glucides sont fermentés par les bactéries du côlon qui libèrent des substances toxiques intervenant dans la lésion de la muqueuse intestinale et son inflammation intestinale. 

Les acides gras

Il est admis que les acides gras polyinsaturés oméga-6 sont plus pro-inflammatoires que les acides gras polyinsaturés oméga-3. Or, l’alimentation occidentale contribuerait à un très fort déséquilibre d’apports entre ces deux types d’acides gras. Une étude prospective de cohorte a été réalisée par l’European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition(EPIC) afin d’évaluer l’impact de l’acide linoléique (un acide gras polyinsaturé oméga-6) sur l’incidence de la rectocolite hémorragique. Les conclusions indiquent que sur les plus de 200.000 sujets inclus et suivis durant 4 ans, 30% des nouveaux cas de rectocolite hémorragique pouvaient être attribués à une consommation d’acide linoléique trop importante.

D’autres données de la littérature ont mis en évidence qu’une alimentation trop riche en acides gras polyinsaturés oméga-6 favorisait la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, et qu’a contrario,une alimentation riche en acide gras polyinsaturés oméga-3 diminuait ce risque.

Les protéines

Une enquête prospective (plus de 67.000 sujets interrogés par auto-questionnaire) a montré une association entre une forte consommation de protéines et le risque de MICI. Les analyses ont montré que la viande et le poisson étaient incriminés, mais pas les œufs ou les produits laitiers. Une autre étude a même mis en évidence que la consommation de produits laitiers pourraient jouer un rôle protecteur contre les MICI.

Fibres

Les fibres sont des glucides issus des végétaux qui ne peuvent pas être digérés par l’être humain. De nombreux aliments (fruits, légumes, légumineuses, céréales) contiennent des fibres. Les légumes de couleurs foncées contiennent des taux de fibres plus importants. Si leur rôle facilitateur du transit est bien connu, des preuves scientifiques plus récentes montrent qu’elles joueraient également un rôle protecteur contre l’inflammation intestinale, en favorisant la libération d’acides gras à chaines courtes au niveau du côlon. Ces derniers contribueraient à la diversité du microbiome et a un effet protecteur de l’environnement colique. Ainsi, les régimes riches en fibres protègeraient du processus inflammatoire. 

Un prochain article nous permettra de faire le point sur les preuves scientifiques disponibles concernant les régimes proposés aux patients souffrant de MICI.