Que retenir de l’épidémiologie des cancers en France métropolitaine ?


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Connaître les données chiffrées liées au cancer de manière contemporaine permet de mieux évaluer les besoins de prise en charge et les politiques de santé publique mises en place en termes de prévention primaire et secondaire. La survie est utilisée comme indicateur de la performance du système de soins, des progrès thérapeutiques et des actions à visée diagnostique. 

Le constat montre que bien que la mortalité par cancer soit en baisse, le pronostic de certains cancers restent très sombre, ce qui souligne la nécessité de renforcer la prévention, le dépistage et la prise en charge précoce.

Méthodologie

Les données utilisées proviennent du réseau de surveillance épidémiologique des cancers qui en France repose sur les registres de cancers (réseau Francim), Santé publique France (SPF) et l’Institut National du Cancer (INCa).

Les données d’incidence observée et de survie sont issues des registres des cancers et les données de mortalité du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès. 

Incidence des cancers en France métropolitaine

En 2017, le nombre de nouveaux cas de cancers en France métropolitaine était estimé à 399.000 dont 214.00 chez l’homme et 185.000 chez la femme. Soit un taux d’incidence standardisé de 353,2 et 284,5/100.000 personnes-années respectivement.

Chez l’homme, le cancer de la prostate reste le principal cancer (48.427 nouveaux cas en 2013), suivi du poumon (32.500 cas) et du côlon-rectum (24.000 cas). Chez la femme, le cancer du sein est de loin le plus fréquent (59.000 cas), suivi du cancer du côlon-rectum (21.000 cas) et du poumon (17.000 cas). 

Le nombre de nouveaux cas de cancer a augmenté pour les deux sexes du fait de l’accroissement de la population et de son vieillissement. Le nombre de décès par cancer a diminué chez l’homme et a légèrement augmenté chez la femme. 

La baisse de l’incidence des cancers « lèvre-cavité orale-pharynx » (homme), œsophage (homme), estomac (les deux sexes), larynx (homme), col de l’utérus, ovaire, prostate et vessie (homme) se poursuit.  

L'incidence du cancer du pancréas (pour les deux sexes) et du cancer du poumon (chez la femme) continue à progresser de manière importante.

Le nombre de décès par cancer était estimé à 150.000 dont 84.000 chez l’homme et 66.000 chez la femme, soit un taux standardisé de 119,2 et 71,7/100.00 personnes-années respectivement.

Les premiers cancers en termes de décès sont le cancer du poumon chez l’homme (21.000 décès) et le cancer du sein chez la femme (12.000 décès). 

Une baisse ou une relative stabilisation des taux de mortalité sont observées pour tous les cancers à l’exception du cancer du poumon chez la femme.

Cet article ne présente pas l’incidence spécifique du cancer de la prostate car celle-ci est fortement impactée par la pratique de dépistage des PSA très répandue en France, bien que non recommandée par la HAS.

Quelle survie ?

Les cancers les plus fréquents (sein et prostate) présentaient des taux de survie nette standardisée parmi les plus élevés, respectivement 87 et 93% à 5 ans et 78 et 84% à 10 ans. 

Le cancer colorectal présentait une survie plus faible à 5 et 10 ans, que ce soit chez l’homme (62 et 50%) ou chez la femme (64 et 55%).

Les cancers du poumon (16% de survie nette standardisée à 5 ans chez l’homme et 20% chez la femme), du pancréas (9 et 10%), du foie (16 et 18%), de l’estomac (26 et 33%), de l’œsophage (14 et 18%), du système nerveux central (25 et 29%), des voies biliaires (21 et 20%), du mésothéliome pleural (4 et 11%), ainsi que les leucémies aiguës myéloïdes (21 et 25%) et les syndromes myélodysplasiques/myéloprolifératifs (26 et 27%) sont les cancers qui avaient les plus mauvais pronostics.