Que privilégier : le transfert sélectif d’embryon cryoconservé ou frais ?

  • Wei D & al.
  • Lancet
  • 28 févr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude chinoise suggère que, chez les femmes ayant un bon pronostic, le transfert électif d’un seul blastocyste préalablement cryoconservé augmenterait le taux de naissance en vie par rapport au transfert électif d’un blastocyste frais. L’augmentation des risques de pré-éclampsie dans le groupe ayant bénéficié du transfert d’embryon préalablement congelé doit cependant conduire à mener de nouvelles études pour mieux évaluer et comprendre la survenue de cette complication.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Si le transfert de plusieurs embryons a longtemps été réalisé en routine pour augmenter les chances de grossesse, le transfert sélectif d’un seul embryon (eSET) évite les grossesses multiples et limite certaines complications associées chez la mère et l’enfant. Le transfert d’un seul embryon au stade d’embryon clivé ou de blastocyste est une véritable tendance au niveau mondial. Et la cryoconservation suivie du transfert différé d’un seul embryon pourrait répondre à certaines de ces problématiques. C’est pourquoi cette étude évaluant si le transfert électif d’un seul blastocyste améliorerait le taux de naissance en vie par rapport au transfert d’un seul blastocyste frais est intéressante.

Méthodologie

Cette étude multicentrique, randomisée, contrôlée, menée en ouvert au sein de 21 centres de fertilité en Chine a inclus 1.650 femmes ayant des cycles menstruels réguliers et devant subir un premier cycle de fécondation in vitro. Les patientes étaient randomisées entre un groupe recevant un seul blastocyste préalablement congelé ou un seul blastocyste frais.

Principaux résultats

Au total, 825 femmes ont été assignées dans chaque groupe. Les caractéristiques des patientes étaient similaires dans les deux groupes à l’inclusion. 

Les résultats ont mis en évidence un taux de naissance en vie significativement plus élevé dans le groupe ayant bénéficié du transfert d’un seul blastocyste préalablement congelé : 50% versus 40%, soit une augmentation de 26% (risque relatif 1,26 [1,14-1,41], pversus 1,1% dans le groupe blastocyste frais, p=0,16). D’autres complications obstétricales (grossesse ectopique, diabète gestationnel, hypertension gestationnelle, placenta previa, rupture des membranes, naissance avant terme, hémorragies post-partum) et morbidités néonatales (enfant de poids inférieur à son âge gestationnel, hospitalisation néonatale >3 jours, jaunisse, infection, anomalies congénitales) sont également survenues de manière similaire dans les deux groupes.

En revanche, le transfert de blastocyste congelé était associé à un risque de pré-éclampsie plus élevé (3,1% versus 1,0%, RR 3,13, p=0,029).

Principales limitations

Seules des femmes jeunes ayant un bon pronostic ont été incluses. De fait, ces résultats ne peuvent pas être généralisés. Par ailleurs, environ 5% des femmes du groupe blastocyste cryoconservé ont reçu deux embryons, un pourcentage plus élevé que dans le groupe transfert d’embryon frais. Ces déviations ont pu impacter les résultats.

Financement

Étude financée par des fonds publics chinois.