Que l’érythème soit multiple ou isolé, la borréliose de Lyme présenterait le même pronostic sous traitement

  • Stupica D & al.
  • JAMA Dermatol
  • 1 août 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude prospective slovène ayant comparé directement des patients traités pour érythème migrant (EM) multiple ou isolé, la proportion des patients présentant une réponse incomplète après un traitement antibiotique conforme aux recommandations était supérieure au cours des 6 premiers mois dans le groupe EM multiple, mais était identique dans les deux groupes à 12 mois : la présence de symptômes non spécifiques associés (fatigue, arthralgie, céphalées…) était alors de 5,9 % contre 6,5 % respectivement.

  • Pour les auteurs, cette publication doit inciter à considérer des périodes de suivi suffisamment prolongées afin d’évaluer correctement la réponse à la prise en charge thérapeutique.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée?

Certaines données suggèrent que l’EM multiple (forme disséminée précoce) forme aurait un pronostic sous traitement moins favorable que l’érythème migrant (EM) isolé. Les études qui ont été consacrées étant rares, une équipe slovène a voulu mener une analyse prospective pour comparer le pronostic et l’évolution clinique des deux formes de l’infection.

Méthodologie

  • Tous les sujets de plus de 18 ans reçus au sein de l’hôpital universitaire de Ljubljana et présentant une borréliose de Lyme confirmée entre juin 2010 et octobre 2015 ont été inclus. Les femmes enceintes ou allaitantes ont été exclues.

  • Alternativement, chaque nouveau patient souffrant d’un EM multiple remplissant les critères d’inclusion recevait 14 jours de doxycycline orale 100 mg deux fois/j ou de ceftriaxone 2g/j IV, tandis que chaque chaque nouveau patient souffrant d’un EM isolé recevait 100 mg deux fois/j de doxycycline pendant 14 jours.

  • À chaque visite, les patients devaient répondre à un questionnaire indiquant la fréquence et la sévérité (échelle visuelle analogique) de 8 symptômes non spécifiques (fatigue, arthralgie, céphalées, myalgies, paresthésies, troubles de la mémoire, de la concentration et irritabilité). Ces données étaient également recueillies auprès de patients contrôles appariés sur l’âge (à 5 ans près).

  • La persistance biologique de la maladie et des symptômes non spécifiques était évaluée à 14 jours puis 2, 6 et 12 mois. La première permettait d’identifier les échecs thérapeutiques et les seconds la réponse incomplète au traitement.

Principaux résultats

  • Au total, 200 adultes atteints d’EM multiple et 403 atteints d’EM isolé ont été inclus dans cette analyse : ils étaient respectivement 47% et 45,2% d’hommes et étaient en moyenne âgés de 47 et 55 ans (p

  • Les sujets souffrant d’un EM multiple présentaient aussi un plus petit érythème initial (diamètre médian : 13 cm vs 16 cm, p

  • La durée médiane de l’érythème sous traitement était similaire dans les deux groupes (10 jours, p=0,34). Par ailleurs, respectivement 1,0% et 1,9% de ces deux groupes présentaient un érythème résiduel visible à 2 mois.

  • À l’inclusion, les patients souffrant d’EM multiple présentaient plus souvent des symptômes constitutionnels que ceux présentant un EM isolé (46,5% vs 23,8%, p

Financement

L'étude a reçu des fonds publics slovènes.