Que faire en cas de tendinites des fessiers ?

  • Mellor R & al.
  • BMJ
  • 2 mai 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Pour traiter les tendinopathies des tendons gluteaux, un programme de 8 semaines d’éducation et d’activité physique ou une injection de corticoïdes conduisent tous deux à une amélioration de l’état du patient et à un soulagement de la douleur supérieur dès la 8semaine par rapport à l’absence de prise en charge. À 52 semaines de suivi, l’éducation et la pratique d’exercices sont plus bénéfiques sur l’amélioration globale du patient, mais sont sans différence sur l’intensité de la douleur ressentie par rapport à une injection de corticoïdes. Ces résultats montrent qu’une prise en charge par éducation et activité physique est une approche efficace pour les tendinopathies des tendons gluteaux.

Pourquoi est-ce important ?

Le plus souvent, les corticoïdes par voie injectable sont proposés pour traiter les tendinopathies avec de bons résultats à court terme, mais des résultats moins satisfaisants à long terme. Faire de l’exercice physique est également recommandé, cependant il n’existait pas d’essai clinique ayant évalué son effet sur les tendinopathies des tendons gluaux jusqu'à celui-ci.

Principaux résultats

Parmi les 204 patients randomisés (167 femmes, âge moyen 54,8 ans), 92,6% ont terminé les 52 semaines de suivi. Les patients ont été randomisés en 3 bras : éducation-activité physique sur 8 semaines (14 sessions individuelles d’éducation et de pratique d’exercices des muscles abducteurs et adducteurs à domicile - 60 min pour la première session et 30 min pour les suivantes) ; une injection de bétamethasone 5,7 mg/ml ou l’absence d’intervention. 

Le taux de succès était défini par une amélioration de l’état musculaire du fessier mentionnée comme étant « modérée à mieux » ou « beaucoup mieux », évaluée sur une échelle à 11 points. Une évaluation de l’intensité de la douleur la semaine précédant l’évaluation de l’état musculaire a également été réalisée sur une échelle numérique (EN) (0=pas de douleur, 10=pire douleur supportable). 

À la 8esemaine, le taux de succès était atteint par 77,3% des sujets dans le bras éducation et activité physique, 58,5% dans le bras corticoïdes et 29,4% dans le bras sans intervention. Il suffisait de traiter deux patients par éducation-activité physique et 3,4 par corticoïdes pour obtenir une différence de succès par rapport au bras sans intervention.

Par ailleurs, à 8 semaines, le soulagement de la douleur était plus important dans les bras éducation-activité physique et corticoïdes que dans le bras sans intervention (respectivement -2,2 et -1,17). Le soulagement était également plus importantdans le bras éducation-activité physique que dans le groupe corticoïdes (-1,04).

À la 52semaine, le taux de succès global d’amélioration a atteint 78,6% dans le bras éducation-activité physique, 58,3% dans le bras corticoïdes et 51,9% dans le bras sans intervention, sans différence significative entre ces deux derniers (p=0,46). Le soulagement de la douleur était marqué à 52 semaines, sans être différent entre les bras éducation-activité physique et corticoïdes. En revanche le soulagement de la douleur était plus important dans ces deux bras que dans le bras sans intervention.  

Méthodologie

Étude prospective multicentrique randomisée à trois bras (programme d’éducation et d’activité physique (PEE, n=69), injection de corticoïdes (AII, n=66) et absence de prise en charge (SAO, n=69)), menée en simple aveugle et randomisée. Des individus âgés de 35 à 70 ans, ayant des douleurs latérales à la hanche depuis plus de 3 mois, d’intensité ≥4/10 sur échelle numérique (EN), et une tendinopathie des tendons gluteaux confirmée par un diagnostic clinique et IRM et sans traitement par corticoïdes dans les 12 précédents mois, physiothérapie, arthroplastie de la hanche ou troubles neurologique, ont été inclus.