Quatre fois plus de cas de cancer de la prostate chez les sujets MICI ?

  • Burns JA & al.
  • Eur Urol
  • 4 déc. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude menée chez plus de 10.000 hommes suggère que ceux souffrant de MICI auraient quatre fois plus de risque de développer un cancer de la prostate (cliniquement significatif ou non) que les hommes issus de la population générale. Ces résultats issus d’une étude rétrospective nécessiteraient d’être confirmés par des études prospectives afin de mieux comprendre les liens entre MICI et cancer de la prostate.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Certains travaux ont suggéré une association entre l’inflammation chronique et le cancer de la prostate. Les individus souffrant de MICI ont un risque accru de cancers gastro-intestinaux, mais également de cancers extra-intestinaux. Cependant, il existe peu de données décrivant le risque de cancer de la prostate chez les hommes souffrant de MICI. Les chercheurs de cette étude ont pris soin d’évaluer le cancer de la prostate en fonction du grade, intégrant le risque global de cancer de la prostate ainsi que sa forme cliniquement significative spécifiquement. Ainsi, même si la mesure du taux de PSA est sujet à controverse, ces premières données sont intéressantes afin d’engager d’autres études. 

Méthodologie

Cette étude rétrospective monocentrique a été menée entre 1996 à 2017. Au total, 1.033 hommes souffrant de MICI ont été appariés (1:9) par âge et origine ethnique à des sujets contrôles - des hommes sans MICI (n=9.306). Tous les sujets avaient réalisé au moins un test de dépistage de PSA. Le critère principal d’évaluation était le diagnostic de cancer de la prostate et le diagnostic d’une atteinte cliniquement significative (score de Gleason ≥2, sur une échelle de 2 à 5). Le diagnostic de cancer de la prostate était confirmé par l’examen des dossiers. Les covariables d’ajustement comprenaient la durée de la MICI (≥20 ans ou

Principaux résultats

L’âge médian des deux groupes (cas et contrôles) était de 53 ans lors de la première mesure de PSA. Sur l’ensemble de la cohorte, 74% des individus étaient d’origine caucasienne. Le suivi médian était de 6,5 ans pour le groupe MICI et de 4,7 ans pour le groupe contrôle.

Au total, 80,3% des hommes sans MICI et 76,3% de ceux souffrant de MICI avaient réalisé entre 1et 4 tests de PSA au cours du suivi. Le nombre médian de test de PSA à 5 ans était de 2 pour les deux groupes. En analyses multivariées, l’incidence du cancer de la prostate à 10 ans était de 4,4% chez les hommes souffrant de MICI versus 0,65% chez les sujets contrôles. Ainsi, le sur-risque de cancer de la prostate était multiplié par plus de 4 chez les hommes atteints de MICI (hazard ratio (HR) 4,84 [3,34-7,02], p

Chez les sujets souffrant de MICI, une ancienneté de la maladie supérieure à 20 ans, l’utilisation d’un traitement biologique, les antécédents de résection intestinale ou le diagnostic d'une rectocolite hémorragique ou d'une maladie de Crohn n’étaient pas spécifiquement associés au diagnostic de cancer de la prostate (cliniquement significatif ou non).

Principales limitations

  • Le caractère rétrospectif, monocentrique de l’étude.
  • Le manque d’informations sur la localisation de la MICI, les marqueurs de la sévérité de la MICI, les antécédents familiaux de cancer de la prostate et les données socio-économiques liées aux individus.