Quand manque de fer in utero rime avec troubles neurodéveloppementaux

  • Wiegersma AM & al.
  • JAMA Psychiatry
  • 18 sept. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • La survenue d’une anémie ferriprive durant la grossesse est associée à une augmentation du risque de troubles du spectre de l’autisme (TSA), de troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et de déficience intellectuelle (DI) chez l’enfant.
  • Ce risque est accru de façon modérée pour le TSA et le TDAH et de façon plus prononcée pour la DI lorsque l’anémie survient avant la 30e semaine de grossesse, suggérant un impact sur le développement neurologique du foetus.
  • Étant donné la fréquence des anémies ferriprives chez les femmes en âge de procréer, les auteurs incitent à une vérification systématique du statut en fer et à des conseils nutritionnels lors des consultations prénatales.

 

Les déficiences en fer et les anémies ferriprives sont fréquentes au cours de la grossesse du fait de l’augmentation des besoins de la mère pour alimenter la croissance foetale. Et l’on sait que des déficits en fer importants durant cette période peuvent entraîner un déficit chez le fœtus et le nouveau-né qui qui augmente le risque de troubles cognitifs et comportementaux. Un lien entre apport en fer chez la mère et troubles neurodéveloppementaux (TSA notamment) a été suggéré sans avoir jusqu’ici pu être confirmé. Une étude suédoise, dont les résultats viennent de paraître dans le JAMA Psychiatry, a recherché l’existence d’un possible lien entre anémie prénatale chez la mère et risque de TSA, de TDAH, ou de DI.

Évaluation du risque de troubles neurodéveloppementaux chez les enfants exposés à une anémie ferriprive in utero

À partir du registre santé de la population suédoise Stockholm Youth Cohort, 532.232 enfants non adoptés et nés entre janvier 1987 et décembre 2010 ont été inclus, ainsi que leur mère. Leurs données de santé ont été analysées en 2018 et le risque de TSA, de TDAH et de DI a été calculé selon que l’anémie était survenue avant la 30e semaine d’aménorrhée ou au-delà. L’âge moyen des enfants était de 17,6 ans en fin de suivi. 

Un risque accru en cas d’anémie avant la 30 e  semaine de grossesse

Le risque de TSA, de TDAH et de DI est apparu légèrement plus important chez les enfants dont la mère avait reçu un diagnostic d’anémie par rapport à celles qui n’en avaient pas reçu. Après ajustement sur les facteurs socio-économiques, et ceux liés à la mère ou à la grossesse, ce risque apparaissait de façon nette avant la 30e semaine de grossesse, avec des odds ratio (OR) respectifs de 1,44 [1,13-1,84], 1,37 [1,14-1,64] et de 2,20 [1,61-3,01], alors qu’il n’était pas augmenté chez les enfants dont l’anémie de la mère avait été diagnostiquée au-delà de la 30e semaine. Pour tenir compte d’éventuels facteurs confondants d’origine génétique, les données ont été comparées à une cohorte appariée de frères et sœurs non exposés à une anémie ferriprive de la mère in utero. Et là encore le risque de TSA, de TDAH et de DI est apparu augmenté lorsque l’anémie était survenue avant la 30e semaine de grossesse plutôt qu’après, avec des odds ratio plus élevés pour le TSA (2,25 [1,24-4,11]) ou similaires pour le TDAH (1,18 [0,79-1,76]) et la DI (2,59 [1,08-6,22]).