Quand l’hypoglycémie modifie la perception des capacités cognitives

  • Petersen JZ & al.
  • Psychoneuroendocrinology
  • 4 sept. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude s’est intéressée chez des patients diabétiques de type 2, à la différence entre les capacités cognitives perçues et des mesures objectives de ces capacités lors d’une situation d’hypoglycémie provoquée. Les résultats montrent que les patients sous-estiment leurs capacités cognitives lorsqu’ils sont en hypoglycémie, alors qu’ils estiment plutôt bien leurs capacités en cas situation normoglycémique. Cette sous-évaluation était tout particulièrement perceptible chez les sujets les plus jeunes ayant un QI élevé ou qui avaient des tremblements en cas d’hypoglycémie. Les auteurs avancent l’hypothèse que les sujets jeunes seraient plus susceptibles d’être exposées à des situations mobilisant toutes leurs capacités cognitives et qu’ils pourraient ainsi plus appréhender une situations de diminution de leurs capacités cognitives comme l’hypoglycémie.

Méthodologie

Cette étude a évalué les facteurs associés à la performance cognitive perçue et mesurée objectivement par des patients atteints de diabète depuis au moins 3 mois et traités par antidiabétiques (sauf sulfamides ou insuline). Un clamp hypoglycémique non-sévère (glycémie plasmatique de 3,1 ±0,3 mmol/L) et un clamp normodlycémique (glycémie plasmatique 5,8 ±0,3 mmol/L) ont été réalisés chez des patients au cours de deux consultations espacées de 21 à 42 jours. Durant les séances d’hypoglycémie provoquée, les difficultés cognitives perçues par les patients (évaluées grâce à une échelle visuelle analogique) et les difficultés cognitives objectives (évaluées par une série de tests neuropsychologiques) ont été mesurées. À partir de ces données subjectives et objectives, un score entre -10 et +10 a été créé, les valeurs positives reflétaient le fait que les patients surestimaient leurs capacités cognitives et les valeurs négatives qu’ils les  les sous-estimaient.

Principaux résultats

Au total 25 patients ont participé à cette étude (âge moyen 60 ans, IMC 30,5 kg/m2, HbA1c 53,6 mmol/mol, durée moyenne du diabète à l’inclusion 6 ans). La glycémie moyenne durant le clamp hypoglycémique était de 3,13 mmol/L et de 5,83 mmol/L pour le clamp normoglycémique. Sur l’ensemble des sujets, 80% des patients ont rapporté des symptômes d’hypoglycémie durant le test de clamp hypoglycémique, principalement des épisodes de transpiration, de la fatigue et des tremblements. 

Au sein de cette population, 79% des patients sous-estimaient leurs capacités cognitives durant le clamp hypoglycémique, contre 42% durant un clamp normoglycémique. La sous-estimation des capacités cognitives était accentuée chez les plus jeunes, ainsi que chez ceux qui avaient un QI élevé ou des tremblements durant les hypoglycémies. Ces profils de patients peuvent de fait avoir des préoccupations excessives vis-à-vis de leurs capacités cognitives ou une crainte spécifique des hypoglycémies par rapport à leurs activités quotidiennes. 

Principales limitations

Ces données sont basées sur un très faible échantillon. Par ailleurs il aurait été intéressant d’évaluer ces données au regard d’une population contrôle non diabétique.