Quand endocardite infectieuse et méningite bactérienne coexistent

  • Béraud G & al.
  • Infect Dis Ther

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude française, l'association d'une endocardite infectieuse (EI) et d'une méningite bactérienne (MB) est rare mais grave.

  • La co-infection doit être plus volontiers suspectée chez les patients admis pour l’une ou l’autre de ces infections lorsqu’ils présentent de la fièvre, un état confusionnel et que la bactérie incriminée est un streptocoque (notamment S. pneumoniae) ou un Staphylococcus aureus.

  • Une méningite à pneumocoques d’évolution défavorable doit faire rechercher une endocardite.

Pourquoi est-ce important ?

L’endocardite infectieuse et la méningite bactérienne partagent le fait d’être des infections peu fréquentes, complexes à prendre en charge et associées à une mortalité élevée. Par ailleurs, le tableau clinique qui leur est associé peut présenter des similarités, conduisant à un défi diagnostique lorsqu’elles coexistent chez un même patient. La survenue de cette co-infection est, en conséquence, mal connue.

Méthodologie

Cette étude a été réalisée à partir de deux études de cohortes observationnelles françaises dédiées à l’endocardite infectieuse (AEPEI-IE) et la méningite bactérienne (COMBAT).

Principaux résultats

En compilant les données des deux études, 42 patients (71,8 % d’hommes, âge médian 61 ans) présentaient à la fois une EI et une MB parmi les 1.030 patients qu’elles avaient recrutés à elles deux (soit 15 parmi les 497 d’AEPEI-IE et 27 parmi les 533 de COMBAT). Parmi eux, 21,4 % avaient des facteurs favorisant d’EI.

Dans deux tiers des cas, le germe impliqué était Streptococcaceae (dont S. pneumoniae pour 42,9 % d’entre eux), le tiers restant correspondant à des infections à Staphylococcus aureus.

Dans 92,3 % des cas, la méningite avait été le premier diagnostic posé, le second ayant alors été posé après un délai moyen de 4 jours, suspecté principalement devant des complications emboliques ou des troubles cardiaques suggérant une valvulopathie.

Parmi tous les cas d’EI de la cohorte initiale, ceux à pneumocoques étaient tous associés à une MB. Par ailleurs, parmi tous les cas de MB de la cohorte initiale, les streptocoques et S. aureus étaient retrouvés dans la moitié des cas de co-infections. La mortalité à trois mois était plus élevée parmi les sujets co-infectés : 28,6% vs 20,5% et 16,6 % parmi ceux atteints d’EI et de MB.

Le profil des patients présentant une co-infection EI-MB (sexe, âge, comorbidités) était plus facilement comparable à celui des patients atteints d'EI que de  MB. Concernant la présentation clinique à l’admission, ceux qui étaient co-infectés avaient des signes plus souvent comparables aux patients atteints de MB seule avec notamment une fièvre et un état confusionnel (n=25 parmi les 42 patients). Aussi, ils étaient généralement hospitalisés et placés sous antibiothérapie de façon plus précoce que les cas d’EI. Enfin, ils avaient plus souvent des complications cérébrovasculaires que les patients mono-infectés. atteints d'EI ou de MB (50% vs 25% environ).