Qu’est-ce qui motive vos patients à prendre ou ne pas prendre des antibiotiques ?

  • Bagnulo A & al.
  • BMC Public Health
  • 27 avr. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Une étude franco-québécoise menée auprès de plus de 400 adultes s’est penchée sur les raisons susceptibles de motiver l’acceptation ou au contraire le refus d’un traitement antibiotique. La raison d’acceptation la plus fréquemment avancée était une prescription jugée appropriée et raisonnable, ce qui signifie que les patients étaient le plus souvent enclins à suivre les prescriptions de leur médecin traitant. Le fait de souhaiter un rétablissement de façon à être plus rapidement capable de réaliser une tâche importante était aussi fréquemment évoqué. La principale justification fournie pour expliquer le refus était le fait de souhaiter bénéficier d’un soutien de l’entourage de façon plus durable pour les seniors notamment, de ne pas favoriser l’apparition de résistance ou de vouloir laisser le corps se défendre par lui-même. Par ailleurs, une portion faible mais significative des sujets interrogés pensaient souhaitable de pouvoir utiliser les antibiotiques librement. Des résultats qui soulignent la nécessité d’apporter davantage d’informations sur ce sujet pour sensibiliser à l’importance globale des comportements particuliers.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Dans un contexte d’antibiorésistance croissante de par le monde, une équipe québécoise a tenté de décrypter les fausses croyances et les raisons qui pouvaient amener les patients à prendre ou à refuser un traitement antibiotique, afin d’aider les praticiens à faire évoluer les comportements. Pour cela, les chercheurs ont proposé à quelque 400 adultes de remplir un questionnaire à 60 items présentant des assertions visant à identifier les raisons pour lesquelles ils avaient accepté la prise d’antibiotiques par le passé, ainsi qu’un second questionnaire à 70 items qui listait les raisons pour lesquelles un traitement antibiotiques avait parfois été refusé.

Résultats 

  • Les sujets ayant répondu à ces questionnaires ont été recrutés dans différentes populations de la région de Toulouse (campus, bureau postaux, écoles, magasins). Ils avaient entre 18 et 85 ans, avec une prédominance féminine.
  • Six principales raisons d’accepter un traitement antibiotique sont ressorties de l’analyse des questionnaires. Tout d’abord, le sentiment d’une prescription raisonnable et appropriée par un praticien qualifié (21% de la variance), en particulier chez les femmes et les patients avec enfants, une notion de protection de l’antibiotique contre l’envahissement bactérien (11%), le fait de considérer l’antibiotique comme une solution de rétablissement rapide (11%), l’idée de vouloir rassurer l’entourage (10%), de vouloir se rétablir rapidement pour répondre à des impératifs professionnels (8%) ou pour retrouver plus rapidement une autonomie personnelle (7%).
  • Concernant les motifs de refus d’un traitement antibiotique, 4 idées forces sont apparues : la possibilité d’un bénéfice secondaire (34%, le fait de rester malade pouvant favoriser la présence d’un soutien social plus long, en particulier chez les seniors), la volonté de ne pas favoriser l’apparition de résistance bactérienne (14%), l’idée que le corps possède une capacité à se défendre lui-même (10%), notamment dans le cas d’infection mineure, ou encore le manque de confiance en les compétences du prescripteur (8%).
  • À noter, 18% des sujets interrogés pensaient que les antibiotiques étaient bénéfiques et qu’ils pouvaient être utilisés librement.

Limitations

Recueil par auto-questionnaires.