Purpura rhumatoïde : de nouvelles informations concernant la fonction rénale et cardiovasculaire

  • Tracy A & al.
  • Ann Rheum Dis
  • 1 févr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Une étude rétrospective menée chez des sujets atteints de purpura rhumatoïde développé dans l’enfance ou à l’âge adulte montre que ces patients seraient plus à risque d’hypertension artérielle et de maladie rénale chronique que des sujets contrôles. Les individus ayant eu une déclaration de la maladie à l’âge adulte ont également un risque de mortalité toutes causes confondues supérieur aux autres. Ces données sont intéressantes, car rares pour cette pathologie, et invitent à adopter en pratique clinique une surveillance appropriée de l’hypertension et de la fonction rénale et à accompagner la modification des facteurs de risque associés chez ces sujets. 

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Le purpura rhumatoïde (ou vascularite à immunoglobulines A, anciennement nommée purpura d’Henoch-Schönlein) est plus commune chez l’enfant et atteint essentiellement les petits vaisseaux. Des études portant sur des séries de cas ont suggéré que cette pathologie pourrait être associée aux maladies cardiovasculaires et à la thomboembolie veineuse. L’intérêt de cette étude est de pouvoir évaluer ces associations au sein d’une large population. 

Méthodologie

Les analyses ont été réalisées à partir d’une base de données de soins primaires britannique. Il s’agit d’une étude rétrospective de cohorte. Des individus ayant déclaré un purpura rhumatoïde ont été appariés avec des sujets contrôles (1:2) sur le sexe et l’âge. Les analyses ont porté sur la recherche d’associations entre la survenue d’un purpura rhumatoïde durant l’enfance ou l’âge adulte et la survenue de complications cardiovasculaires, thromboemboliques et rénales. 

Principaux résultats

Au total, 10.045 patients ayant déclaré un purpura rhumatoïde dans l’enfance et 2.828 sujets l’ayant déclaré à l’âge adulte ont été comparés à des sujets contrôles. L’âge moyen de la cohorte (cas et contrôles) était de 43 ans à l’entrée dans l’étude, et 48,8% étaient des hommes. Selon les analyses, l’âge moyen au diagnostic serait de 6,68 ans pour les enfants et 38,1 ans pour les adultes.

L’incidence du purpura rhumatoïde a été estimée à 27,22/100.000 personnes-années pour une survenue dans l’enfance et à 2,20/100.000 personnes-années pour une survenue à l’âge adulte. Alors que l’incidence de la maladie chez l’enfant ou l’adulte est restée stable au cours de l’étude (1995-2017), la prévalence, elle, a augmenté pour les deux populations passant de 621 à 846/100.000 individus pour les premiers et de 34 à 44/100.000 sujets pour les seconds.

  • Les résultats montrent une augmentation significative du risque d’hypertension de 52% chez les sujets ayant eu un premier épisode de la maladie dans l’enfance, et de 42% chez ceux l’ayant déclaré à l’âge adulte : respectivement hazard ratio (HR) 1,52 [1,22-1,89], p
  • Le risque de maladie rénale chronique de stade G3-G5 était également augmenté de 89% et 54% selon que la maladie s’était déclarée dans l’enfance ou à l’âge adulte : HR respectif de 1,89 [1,16-3,07], p=0,010 et 1,54 [1,23-1,93], p
  • La mortalité toutes causes confondues était également augmentée (+27%) chez les sujets dont la maladie s’était déclarée à l’âge adulte par rapport aux sujets contrôles (HR 1,27 [1,07-1,50], p=0,006).

En revanche, les analyses n’ont mis en évidence aucune association entre le purpura rhumatoïde et les maladies cardiaques ischémiques, les maladies cérébrovasculaires ou thromboemboliques.

Principales limitations

Les principales limitations sont celles inhérentes à une étude rétrospective, notamment les incertitudes concernant la classification des individus et des complications relevées.