Psoriasis : les recommandations du groupe de recherche de la SFD

  • Amatore F & al.
  • Ann Dermatol Venereol
  • 14 juin 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le groupe de recherche sur le psoriasis de la Société Française de Dermatologie a publié une synthèse de ses récentes recommandations sur les stades modérés à sévères dans les Annales de Dermatologie et de Vénéréologie .

Quand initier un traitement

Le psoriasis modéré à sévère relève d’un traitement systémique. Il s’agit des formes couvrant plus de 10% de la surface corporelle, caractérisées par un score PASI 10. La définition est élargie aux formes ayant un impact important sur la condition physique et sociale, ou sur l’état psychologique (dépression, anxiété significative) et celles qui, bien que localisées, ne sont pas contrôlées par traitement topique, avec une altération fonctionnelle et/ou une détresse importante, liée par exemple à une atteinte des zones à fort impact (paumes et plantes des pieds, organes génitaux, cuir chevelu, visage et plis).

Quel objectif thérapeutique ?

Les recommandations proposent deux algorithmes différents, fondés (a) sur l’utilisation du score PASI absolu ou du score d’évaluation globale par le médecin (PGA), ou (b) sur l’utilisation des réponses PASI. Ils mènent à la même prise en charge thérapeutique et permettent au praticien de choisir le plus adapté à sa pratique:

  • Ainsi, un traitement systémique doit être maintenu lorsqu’il permet d’obtenir (a) un PGA de 0-1 ou un PASI absolu≤3 ou (b) un ∆PASI≥90 et un PASI absolu
  • Il doit être modifié lorsque (a) le PGA est de 3-5 ou le PASI absolu>6 ou (b) lorsque le ∆PASI est 3 (discussion au cas par cas quand
  • Lorsque le traitement offre une efficacité intermédiaire, le score de qualité de vie DLQI est pris en compte et oriente vers un maintien ou une modification du traitement selon qu’il est ≥ ou

Cet algorithme décisionnel ne doit pas oublier d’intégrer la satisfaction personnelle du patient, et de prendre en compte l’ensemble des atteintes psoriasiques.

Quel traitement systémique ?

  • En première ligne, un psoriasis en plaques sans comorbidité relève d’un traitement par méthotrexate, sauf contre-indications ou exceptions. La ciclosporine peut toutefois être privilégiée si un contrôle à court terme est nécessaire. L’acitrétine est recommandée en alternative si l’un ou l’autre sont contre-indiqués. Parallèlement, la photothérapie UVB peut aussi être proposée en première ligne, ou un protocole utilisant les UVA (avec rétinoïdes ou psoralène) en cas de grandes plaques épaisses.
  • En seconde ligne, les experts préconisent l’adalimumab ou l'ustekinumab. En cas d’échec, la molécule choisie doit être remplacée par la seconde de ces deux options, ou par un anti-IL17. L’aprémilast ne devrait être prescrit qu’en cas de contre-indication, intolérance ou échec de ces deux biothérapies.
  • La publication résume aussi les préconisations de prise en charge en cas de comorbidités ou de formes particulières du psoriasis.
  • Elle propose aussi une adaptation de l’algorithme de l’EULAR issu des recommandations de 2015 concernant la prise en charge du rhumatisme psoriasique. Le groupe de recherche propose ainsi un algorithme où l’introduction des biothérapies est dépendante du profil clinique du patient (atteinte cutanée ou rhumatologique prédominante).