Psoriasis : le risque cardiovasculaire est moins important chez les sujets âgés

  • Morici N & al.
  • Int J Cardiol
  • 26 juil. 2018

  • de Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Cette étude cas-témoins italienne montre que la prévalence du psoriasis n’est pas plus importante au sein d’une population de sujets âgés (≥75 ans) présentant un syndrome coronarien aigu (SCA) qu’au sein d’une population contrôle. Ces résultats sont en contradiction avec une précédente étude britannique ayant observé un sur-risque d’infarctus du myocarde chez les sujets atteints de psoriasis. Cette association était toutefois plus forte pour les sujets jeunes et s’estompait au-delà de 60 ans.

Les résultats de cette analyse concordent avec ceux d’une méta-analyse de 14 cohortes, et ceux de l’étude Rotterdam qui avait inclus uniquement des sujets de plus de 55 ans. Les auteurs font l’hypothèse que chez les sujets jeunes et présentant moins de comorbidités, l’inflammation liée au psoriasis, surtout s’il est sévère, pourrait affecter le risque athérothrombotique, tandis que chez les sujets âgés et présentant déjà un risque cardiovasculaire élevé, l’impact du psoriasis serait atténué.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Le psoriasis est une maladie inflammation chronique qui a été associée à une augmentation du risque de maladie et de mortalité cardiovasculaire, avec un risque plus aigu observé chez les sujets jeunes. Le lien semble cependant moins évident chez les sujets âgés. Pour éclaircir la question, une équipe italienne a entrepris d’évaluer le risque de syndrome coronarien aigu en fonction des antécédents de psoriasis.

Méthodologie

Cette étude cas-témoins a été réalisée à partir de 1.455 cas issus de l’essai Elderly ACS 2. Cette étude avait évalué différentes stratégies antiplaquettaires chez des sujets de 75 ans présentant un SCA et plus devant subir une intervention coronarienne percutanée. Les 1.108 sujets contrôles étaient issus de l’étude observationnelle PraKtis (Prevalence of Actinic Keratoses in the Italian Population). Cette étude s’était intéressée à différentes pathologies dermatologiques et notamment au psoriasis. Seuls les sujets de 75 ans et plus issus de cette cohorte représentative de la population générale italienne ont été pris en compte dans l’analyse présentée ici.

Résultats

  • Parmi les cas de SCA, les patients étaient plus âgés que dans la population contrôle. Presque tous les sujets étaient des hommes, avec un score PASI moyen bas (4,9 sur une échelle allant de 1 à 20). Trois sujets seulement étaient sous traitement systémique dans la population des cas au moment de l’étude, alors qu’environ un quart de la population contrôle atteinte de psoriasis y avait déjà eu recours.
  • La prévalence du psoriasis enregistrée au sein de la population SCA a été plus basse que celle observée au sein de la population contrôle, avec un odds ratio ajusté de 0,51 [IC95% : 0,23-1,09].

Limitations

La prévalence des SCA dans la population contrôle n’était pas connue, et les informations concernant les différents facteurs de risque cardiovasculaires étaient manquantes (IMC, diabète, hypertension…). Par ailleurs, le nombre de sujets présentant un psoriasis était limité dans les deux populations comparées.