Psoriasis : le guselkumab ECLIPSE-t-il le sécukinumab ?

  • Reich K & al.
  • Lancet
  • 7 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude de phase 3 ayant rassemblé plus de 1.000 patients présentant un psoriasis modéré à sévère, le guselkumab permet d’atteindre à 48 semaines un taux supérieur de patients présentant une diminution d’au moins 90% du score de sévérité PASI (PASI90) relevé à l’inclusion. En revanche, la réponse moyenne observée à 16 et à 20 semaines était similaire dans les deux groupes de patients. Par ailleurs, la tolérance des deux biothérapies était comparable durant les 56 semaines de suivi.

Les options thérapeutiques se multiplient...

Si les données relatives au guselkumab sont encourageantes, l’éditorial qui accompagne la publication soulève quelques limitations : la première est la signification clinique de l’amélioration du taux de patients atteignant PASI90 sous guselkumab, qui reste modeste. Les suivantes concernent l’absence de scores fondés sur l’évaluation par le patient de la maladie et de son vécu et le manque de représentativité de la cohorte recrutée par rapport à la population psoriasique reçue en routine (répartition des origines ethniques, proportion de patients présentant un rhumatisme psoriasique). Ses auteurs reconnaissent néanmoins l’utilité de telles comparaisons directes pour étayer les recommandations et mieux orienter les stratégies thérapeutiques. Des données à plus long terme, associées à des estimations coût-efficacité, seront aussi nécessaires pour éclairer les prescripteurs.

Méthodologie

ECLIPSE est une étude de phase 3 internationale menée en double aveugle dans laquelle des patients de 18 ans ou plus atteints de psoriasis en plaques modéré à sévère (PASI≥12) ont été recrutés. Ils ont été randomisés entre un bras guselkumab (100 mg à S0 et S4 puis toutes les 8 semaines) et un bras sécukinumab (300 mg à S0, 1, 2, 3, 4 puis toutes les 4 semaines) durant 44 semaines. Le suivi était maintenu jusqu’à la 56 e semaine.

Principaux résultats

  • Les patients (en moyenne 46 ans, 33% de femmes) ont été inclus dans l’étude. Les données à 56 semaines montrent à la fois la non-infériorité du guselkumab par rapport au sécukinumab (en ITT et en per protocole ), mais également la supériorité du guselkumab qui permet à 84% des patients traités d’atteindre un PASI90, contre 70% de ceux sous sécukinumab (différence : 14,2 points de pourcentage [9,2–19,2], p
  • Concernant le critère secondaire d’évaluation (PASI75 à S12 et à S48), le guselkumab apparaît non inférieur mais échoue à démontrer sa supériorité. Le temps nécessaire pour atteindre un PASI50 et un PASI90 est respectivement de 2,77 semaines sous guselkumab contre 2,0 semaines sous sécukinumab et de 8,2 semaines contre 7,4 semaines.
  • Les profils de tolérance entre S0 et S56 étaient similaires entre les groupes de traitement, et conformes aux données d’études précédentes, avec principalement la survenue de rhinopharyngites et d’infections des voies respiratoires supérieures.

Financement

L’étude a été sponsorisée par Janssen Recherche & Dévelopment.