Pseudo-engelures et COVID-19 : signe d’une immunité trop réactive ?

  • Hubiche T & al.
  • JAMA Dermatol
  • 25 nov. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • L’évaluation de tous les patients se présentant au CHU de Nice avec des pseudo-engelures durant 15 jours au cours de la première vague de COVID-19 montre que les personnes concernées pourraient présenter une immunité innée très réactive, similaire à celle observée dans les interféronopathies de type I.

 

Différents types de lésion dermatologique ont été rapportés au printemps durant l’épidémie de COVID-19. Ainsi, la fréquence des pseudo-engelures a été augmentée par rapport au taux habituellement constaté en cette période de l’année. Afin de mieux caractériser ces manifestations et d’analyser le lien avec l’infection à SARS-CoV-2, l’équipe de dermatologie du CHU de Nice a évalué tous les patients se présentant dans l’unité Covid (hospitalisés ou non) avec des pseudo-engelures.

Principaux résultats

Au cours des 15 jours, ils ont reçu 40 patients qui étaient jeunes (moyenne 22 ans) et sans comorbidité. Parmi eux, 60% avaient été cas contact et 27,5% avaient présenté des symptômes évocateurs. Dans ce dernier cas, le délai entre la survenue des symptômes et l’apparition des pseudo-engelures était de 21 jours.

L’analyse de prélèvements nasopharyngés par RT-PCR a été négative pour l’ensemble des patients, et l’analyse sérologique positive pour 30% de cette cohorte (IgA principalement), qui présentait des D-dimères anormalement élevés dans 60% des cas. Cependant la grande majorité d’entre eux avaient été cas contacts ou avaient présenté des symptômes évocateurs, le plus souvent dans les 2 à 3 semaines auparavant.

La production d’IFN alpha par des cellules dendritiques prélevées chez ces patients a été stimulée in vitro : il est apparu que le taux moyen d’interféron produit était significativement supérieur chez ces patients, par rapport à celui observé chez des sujets COVID-19 présentant une forme symptomatique non sévère ou par rapport à celui de sujets COVID-19 hospitalisés suggérant une immunité innée plus réactive, comparable à celle observée das les interféronopathies de type 1. Toutes les manifestations ont régressé favorablement sur quelques jours à quelques semaines.