Protoxyde d’azote : un usage détourné inquiétant


  • Fanny Le Brun
  • Actualités des médicaments
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Le protoxyde d'azote, également appelé « gaz hilarant », est utilisé en médecine pour ses propriétés analgésiques mais il est également commercialisé comme gaz de compression dans les cartouches pour siphon à chantilly. Accessible librement sur internet et dans le commerce, son usage peut être détourné en raison de son effet euphorisant. Il est alors utilisé dans un but récréatif alors que son inhalation n’est pas sans risque. Il peut entraîner des atteintes neurologiques sévères mais aussi neuromusculaires, cardiaques et psychiatriques, d’autant plus s’il est consommé avec d’autres substances psychoactives. Des cas graves avec atteinte de la moelle épinière ont été rapportés.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail (ANSES) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) viennent de publier une mise à jour des données de cas de détournement d’usage du protoxyde d’azote. Elle confirme la tendance à l’augmentation des cas d’intoxication, surtout chez un public jeune et notamment des mineurs. Plus d’une quarantaine de cas sévères ont été rapportés en 2019. Les quantités consommées et la fréquence de prise sont très variables : de quelques cartouches à plusieurs centaines par jour, avec des cas de consommation quotidienne.

En ce début de période estivale propice à la fête et aux excès, les autorités sanitaires souhaitent rappeler les dangers de cette pratique et renforcer la prévention. Une campagne d’information et de réduction des risques a été lancée afin de « doter les acteurs de terrain, associations, collectivités locales, encadrants et personnes en lien avec les jeunes, de supports de sensibilisation clairs et adaptés, en mettant à leur disposition des vignettes diffusables sur les réseaux sociaux et des affiches à imprimer ». Ces supports peuvent être téléchargés sur le site drogues.gouv.fr.

Une proposition de loi prévoyant l’interdiction de vente aux mineurs de produits contenant du protoxyde d’azote et de la mise à disposition de ce gaz dans les débits de boissons permanents (bars, discothèques…) ou temporaires (ex. : soirées étudiantes) a été votée au Sénat. D’autres propositions pour encadrer la commercialisation de ce gaz sont attendues.