Protections intimes internes : le risque de choc toxique dépend de la durée de leur port


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) vient de publier un complément d’expertise à son avis de juin 2018 révisé en décembre 2019 sur la sécurité des produits de protection intime. Cet avis mettait en exergue le risque de syndrome de choc toxique (SCT) menstruel, rare (en moyenne 20 cas annuels depuis 2010), mais grave.

Ce syndrome est lié au port de protections intimes internes (tampon, coupe menstruelle), jamais externes (serviettes, protège-slips). Il est causé par une toxine, la TSST-1 (toxin shock syndrom toxin-1), produite par le staphylocoque doré ( Staphylococcus aureus – St.aureus ). Il survient si trois conditions sont remplies : une colonisation vaginale par une souche de St.aureus produisant cette toxine, le passage en quantité suffisante de celle-ci à travers la paroi vaginale, l’absence ou l’insuffisance d’anticorps dirigés contre elle.

Le risque de développer un SCT menstruel augmente avec la durée de port des protections internes, augmentation favorisée par une capacité d’absorption plus forte que nécessaire de ces protections. L’agence insiste logiquement sur l’importance de respecter les règles d’hygiène liées à l’utilisation de ces dernières, qui de plus, ne doivent être utilisées que pendant les règles. Elle recommande aux professionnels de santé de délivrer aux femmes une information sur ce point.

Certains experts ont émis l’hypothèse d’un lien entre le SCT menstruel et la présence résiduelle de certaines substances chimiques dans certaines protections. Le complément d’expertise de janvier 2020 précise que ces substances sont effectivement présentes dans les tampons et coupes menstruelles, mais sans dépassement des seuils sanitaires. De plus, aucune relation directe entre leur composition chimique et le risque d’augmentation du SCT n’a été mise en évidence.

Le risque principal demeure donc la durée de port de ces protections internes.