PROSPERO : -21% d’IDM avec un stent actif de nouvelle génération versus un stent métallique

  • Almasri J & al.
  • J Vasc Surg
  • 1 juin 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

L’angioplastie percutanée a connu ces dernières années de nombreuses évolutions notamment avec la commercialisation de nouvelles générations de stents. Les stents actifs (diffusant un médicament) de nouvelle génération ont montré leur efficacité et sécurité d’utilisation par rapport aux stents actifs plus anciens. En revanche, peu d’études ont comparé les stents actifs de dernière génération et les stents métalliques. Une méta-analyse basée sur des données individuelles issues d’essais cliniques randomisés, vient de mettre en évidence que l’utilisation des stents actifs de dernière génération réduisait le risque de décès cardiaque et d’infarctus du myocarde (IDM) par rapport aux stents métalliques à 3,2 ans et à 5 ans. Ce bénéfice est avant tout lié à la diminution du risque d’IDM (-21%). Les stents actifs de nouvelle génération induisent également moins de thrombose de stent et de revascularisation du vaisseau cible à 5 ans que les stents métalliques.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Les stents métalliques véhiculent l’image de dispositifs sûrs et moins chers. De fait, ils continuent à être très utilisés à travers le monde. Par ailleurs, les recommandations ne sont pas toutes homogènes: l’European Society of Cardiology ne préconise plus l’utilisation des stents métalliques mais l’American College of Cardiology et l’American Heart Association n’ont pas adopté cette position dans leurs recommandations publiées en 2011.

Méthodologie

Cette méta-analyse intitulée PROSPERO est basée sur les données individuelles issues d’essais cliniques randomisés ayant comparé les stents actifs de nouvelle génération aux stents métalliques lors d’angioplastie percutanée.

Principaux résultats

Au total, les données individuelles de 26.616 patients issues de 20 essais cliniques ont été incluses dans les analyses (53% des individus avaient reçu un stent actif dont, 53,4% un stent à l’évérolimus, 17,1% au zotarolimus, 19,3% au biolimus et 2,8% au sirolimus, et 47% avaient reçu un stent métallique). Sur l’ensemble des patients, 1,4% avaient reçu un stent actif de première génération. Les patients ayant bénéficié d'un stent actif ont eu une bithérapie antiplaquettaire durant 50 jours de plus en moyenne que ceux qui ont reçu un stent métallique.

Le risque de survenue du critère composite principal d’évaluation (décès d’origine cardiaque ou IDM) au suivi le plus long était significativement plus faible sous stent actif que sous stent métallique (hazard ratio 0,84 [0,78-0,90], p

La mortalité d’origine cardiaque et la mortalité toutes causes confondues ne différaient pas entre les patients ayant reçu un stent actif et un stent métallique. En revanche, le risque d’IDM était nettement diminué sous stent actif (HR 0,79 [0,71-0,88]), ainsi que la thrombose de stent (HR 0,63 [0,50-0,80]) et la revascularisation du vaisseau cible (HR0,55 [0,50-0,60]). 

La différence significative entre les deux technologies sur le suivi le plus long (tendance retrouvée également à 5 ans) était obtenue au cours de la première année, et n’évoluait pas ensuite. Des analyses en sous-groupes ont montré un intérêt tout particulier du stent actif pour les patients chez qui celui-ci était implanté dans l’artère antérieure descendante gauche. L’effet était plus modeste dans les autres vaisseaux. 

Principales limitations

Bien que cette étude apporte un bon niveau de preuve, il s’agit tout de même d’une méta-analyse basée sur des données individuelles qui peuvent intégrer des lacunes des études originales.

Financement

Étude financée par Bern University Hospital.