Prophylaxie post-exposition de la rage : quelles sont les nouvelles recommandations ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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À retenir :

  • Le HCSP a publié une actualisation des recommandations concernant la prophylaxie post-exposition (PPE) de la rage
  • En cas de morsure ou griffure par un animal non volant sur le territoire français (hors Guyane), l’administration d’une PPE n’est pas recommandée, sauf en cas de suspicion d’animal importé ou si la surveillance de l’animal est possible et confirme qu’il a la rage
  • Une PPE est recommandée en cas d’exposition à une chauve-souris ou en cas de voyageur exposé dans une zone d’endémie

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a publié une actualisation des recommandations concernant la prophylaxie post-exposition (PPE) de la rage, afin de s’adapter à l’évolution de l’épidémiologie de cette infection en France.

La rage est due à un virus (Lyssavirus) qui infecte les animaux (zoonose) mais peut être transmis à l’Homme par les mammifères infectés, notamment les carnivores (chiens, renards, ratons laveurs, chauve-souris, coyote…). La transmission s’effectue généralement par morsure ou griffure mais la manipulation d’animaux morts infectés peut également être source de contamination.

Après une période d’incubation de plusieurs semaines, des symptômes apparaissent tels que de la fièvre et une inflammation progressive du cerveau, responsable de périodes d’agitation ou de paralysie. Lorsque les signes liés à l’atteinte du cerveau apparaissent, le décès est inéluctable. C’est pourquoi, une prophylaxie post-exposition doit être rapidement mise en place lorsque cela est jugé nécessaire, en suivant les recommandations.

La qualité de la surveillance de la rage permet d’affirmer que la France est désormais indemne de rage chez les mammifères non-volants. En revanche, concernant les mammifères volants, les chauves-souris sont toujours des réservoirs sur le territoire métropolitain. Ainsi, les recommandations ont été mises à jour :

  • En cas de morsure, griffure ou léchage sur muqueuse par un chien, un chat ou un furet domestique sur l’ensemble du territoire français (excepté en Guyane), le risque rabique peut être considéré comme négligeable et l’administration d’une PPE n’est pas recommandée.
  • Il en est de même pour les autres animaux non volants : renard, bovin, ovin, animal sauvage.

En revanche, une PPE est recommandée :

  • En cas de morsure par un animal importé illégalement ;
  • En cas d’exposition à une chauve-souris : l’indication est alors formelle, associant vaccination et immunoglobulines antirabiques (IGR) chez les sujets non vaccinés préalablement, sauf s’il est possible d’analyser le cadavre de la chauve-souris dans un délai rapide ;
  • En cas de voyageur ayant été exposé dans une zone d’endémie, quelle que soit l’espèce de mammifère concernée ;
  • En cas d’exposition à un animal qu’il est possible de surveiller ou qui est mort (chien, chat, furet domestique) : une surveillance ou des analyses seront effectuées sur l’animal et si la rage est confirmée, une PPE devra être faite.

Pour rappel, seuls 2 vaccins anti rabiques sont actuellement disponibles et ont une AMM en France : le vaccin rabique Pasteur® et le vaccin Rabipur®. Les voyageurs ayant débuté une vaccination à l’étranger peuvent avoir reçu d’autres spécialités, dont certaines non approuvées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’usage des IGR est réservé exclusivement à l’immunisation post-exposition lorsqu’il est nécessaire d’obtenir rapidement des concentrations d’anticorps neutralisants protectrices, en attendant l’efficacité du vaccin. Seules les IGR d’origine humaine sont commercialisées en France : Imogam Rage®.

Il est important que les voyageurs soient informés sur les mesures de prévention et la conduite à tenir en cas de morsure dans les pays d’endémie.