Prophylaxie post-exposition au SARS-CoV-2 : pas d’avantage démontré de l’hydroxychloroquine

  • Boulware DR & al.
  • N Engl J Med
  • 3 juin 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon une étude nord-américaine randomisée contrôlée versus placebo, l’hydroxychloroquine ne permet pas de prévenir le développement d’une maladie COVID-19 probable ou confirmée lorsqu’elle est initiée dans les 3 jours suivant une exposition à risque.

 

Les propriétés antivirales de l’hydroxychloroquine (HCQ) décrites in vitro ont motivé la conduite de plusieurs études cliniques interventionnelles dont certaines ont cherché à évaluer l’intérêt de la molécule en prévention de la maladie COVID-19, après une exposition à risque non protégée au SARS-CoV-2. Le New England Journal of Medicine a publié les résultats d’une étude clinique randomisée contre placebo américaine sur le sujet.

Cette étude visait à inclure des adultes qui avaient été exposés à une personne dont le diagnostic avait été confirmé, pendant au moins 10 minutes à moins d’1,80 m sans protection individuelle (masque et lunettes). Ils ont été recrutés aux Etats-Unis ou dans plusieurs provinces du Canada par réseaux sociaux et médias. Ceux qui ont été recrutés ont été randomisés 1:1 entre un traitement par HCQ (800 mg à J1 puis 600 mg pendant 4 jours) ou un placebo. Le critère principal d’évaluation était la survenue à 14 jours d’une maladie COVID-19 confirmée par PCR ou de symptômes évocateurs si le test n’était pas disponible.

Un taux d’infection comparable, des évènements indésirables plus fréquents

L’étude a inclus 821 adultes (âge moyen 40 ans, 51,6% de femmes, 27,4% ayant une comorbidité) dont 66,4% étaient des professionnels de santé (majoritairement médecins, puis infirmières) qui avaient majoritairement été exposés au virus au contact de patients (76,7%). Pour 87,6% des participants, l’exposition avait eu lieu sans port de masque ni de lunettes de protection.

À 14 jours, le taux de patients ayant développé des symptômes évocateurs ou une maladie COVID-19 confirmée par PCR était de 13% dans l’ensemble de la cohorte, sans différence entre le groupe HCQ et le groupe placebo : 11,8% vs 14,3% respectivement (p=0,35). Une seule hospitalisation a été nécessaire dans chaque groupe, et aucune arythmie ou décès n’ont été notifiés. Aucune différence en termes de délai d’apparition n’a par ailleurs été relevée.

Le suivi a montré une plus large observance du traitement dans le groupe placebo que dans le groupe HCQ (respectivement 82,6% et 75,4%, p=0,01). Au total, 17 participants traités par HCQ ont arrêté le traitement pour effets secondaires, contre 8 dans le groupe placebo. Par ailleurs, les participants rapportaient plus d’évènements indésirables dans le groupe traité que dans le groupe placebo (40,1% vs 16,8%, p

Malgré les limitations (absence de test systématique, non-représentativité de la population incluse versus population générale…), cette étude n’autorise pas à penser que l’HCQ ait un intérêt préventif.