Prophylaxie des escarres : rôle des pansements


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Différentes études cliniques ont décrit l’intérêt des pansements prophylactiques (pansements hydrocolloïdes siliconés multicouches) en association aux soins usuels dans la prévention des escarres chez les sujets à risque. Certaines ont également décrit leur supériorité aux films de polyuréthane.

En France, les recommandations relatives à la prévention des escarres émanent de la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG), de la Société française de médecine physique et de réadaptation (Sofmer) et de la Société française et francophone des plaies et cicatrisation (SFFPC). La HAS préconise quant à elle les films de polyuréthane et les hydrocolloïdes dans des contextes différents.  Le dossier proposé par la Revue Francophone de cicatrisation fait le point sur le sujet.

Qui est concerné ?

Les sujets à risque d’escarres présentent des facteurs de risque :

- intrinsèques : âge, immobilité, maladie chronique sévère, état nutritionnel et cutané, ….

- extrinsèques : forces de pression, de friction et de cisaillement au niveau des zones les plus à risque (talon et sacrum pour les sujets alités, ischions pour les sujets assis, occiput pour les nourrissons, localisés en cas de sondes naso-gastriques, port de masque à oxygène…).

L’apparition des escarres découle du dépassement du seuil mécanique définissant la déformation maximale à laquelle une cellule musculaire, ou même adipeuse, peut être soumise avant destruction, dans un délai de quelques minutes, et de celui du seuil ischémique, définissant la déformation maximale conduisant à l’ischémie locale des vaisseaux, dans un délai de quelques heures. Enfin, la température et l’humidité locale peuvent être des facteurs influants.

Repérage et recommandations standards de prévention

Les patients à risque doivent être repérés dès l’admission, selon leur état général et les soins qui leur sont portés (bloc opératoire, soins intensifs,...), notamment grâce à l’utilisation de scores de risque (échelle de Braden). Des supports et matériels anti-escarres sont préconisés, associés à la mobilisation du patient toutes les 4 à 6 heures, un apport nutritionnel et protéique suffisant, une toilette de la peau et une surveillance quotidienne adaptées.

Mécanismes d’action des pansements

Ce sont les travaux de modélisation des forces s’exerçant sur les tissus qui ont permis de développer des pansements adaptés à la prévention des escarres. Ainsi, la nature des matériaux utilisés, leur agencement en couches (nombre et épaisseurs) permettent schématiquement d’atténuer les forces locales en les redistribuant sur une surface élargie, imposant la nécessité d’un pansement bien plus large que la seule zone exposée. La nature de l’adhésif doit aussi respecter la peau sans la léser ou la fragiliser. Les adhésifs en silicone, élastiques, sont en cela intéressants. Ils sont développés afin d’éviter également la macération cutanée.