Prophylaxie anticoagulante post-arthroplastie : match nul entre aspirine et rivaroxaban

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Dans l’étude EPCATII, les patients ayant reçu une prophylaxie par aspirine à J5 après arthroplastie de la hanche ou du genou (n=1.707) ont présenté le même taux d’évènements thromboemboliques veineux (TEV) que ceux ayant été traités par rivaroxaban (n=1.717), avec un taux d’évènements à 90 jours de 0,64% contre 0,70% (p<0,001 en non-infériorité). Parallèlement, le risque hémorragique était également comparable, avec une fréquence similaire des complications hémorragiques majeures ou des évènements hémorragiques cliniquement significatifs.
  • EPCATII prouve que l'aspirine 81 mg est une option aussi sûre et efficace que le rivaroxaban 10 mg en prophylaxie anticoagulante après arthroplastie totale de la hanche ou du genou, tout en étant économiquement plus intéressante. À noter que l’étude a randomisé les patients à J5 post-intervention, après un traitement prophylactique péri-opératoire par rivaroxaban. La part des saignements observés attribuables à l’aspirine ou au rivaroxaban, majoritairement survenus dans les 10 jours post-randomisation, est donc délicate à cerner. Pour cela, une étude randomisée et contrôlée face-face entre les deux molécules serait nécessaire. EPCATII présente néanmoins l’avantage d’être conduite dans des conditions proches de la pratique clinique et prouve que l’aspirine est une option possible dans ce contexte.

Pourquoi est-ce important ?

Si des études cliniques et des méta-analyses ont pu décrire l’intérêt de l’aspirine dans le contexte d’arthroplastie, il manquait une étude comparative permettant de confirmer l’équivalence de son rapport bénéfice-risque par rapport à celui du rivaroxaban. EPCATII apporte cette réponse. Elle succède à EPCATI qui avait précédemment comparé l’aspirine aux HBPM dans un contexte similaire.

Principaux résultats

  • Au total, 3.424 patients (1.804 arthroplasties totales de hanche et 1.620 arthroplasties totales du genou) ont été inclus dans l'étude (62,8 ans, 47,8% d’hommes, 90% d’arthroplasties primaires).
  • Au cours des 90 jours post-randomisation, un évènement TEV (thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire) était rapporté chez 11 patients sous aspirine contre 12 de ceux sous rivaroxaban (0,64% vs 0,70%, p<0,001 en non-infériorité, p=0,84 en supériorité).
  • Le critère principal de sécurité (complications hémorragiques majeures) a été rempli par 8 patients sous aspirine et 5 sous rivaroxaban (0,47% vs 0,29%, p=0,42) et le taux de saignements cliniquement significatifs était de 1,29% et 0,99% respectivement (NS).

Méthodologie

EPCATII est une étude randomisée multicentrique canadienne conduite en double aveugle. Les patients devant bénéficier d’une arthroplastie totale de la hanche ou du genou recevaient du rivaroxaban 10 mg jusqu’à J5 post-intervention, puis étaient répartis aléatoirement entre un traitement par aspirine 81 mg/j ou rivaroxaban 10 mg/j pendant 9 jours (genou) ou 30 jours (hanche). Les patients étaient suivis pendant 90 jours.

Financement

L’étude a reçu des fonds publics canadiens.