Pronostic à long terme lié au syndrome de l’onde J

  • Kamakura T & al.
  • Heart
  • 7 août 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le suivi moyen sur 91 mois d’une cohorte de patients présentant un syndrome de l’onde J (syndrome de Brugada, syndrome de repolarisation précoce SRP) et ayant présenté une fibrillation ventriculaire (FV) vient confirmer les conclusions de la conférence de consensus 2017. En effet, dans cette étude, ceux qui présentaient des ondes J notamment sur les dérivations inféro-latérales et précordiales étaient les plus à risque de récidive de FV. Ce travail mené sur une importante cohorte multicentrique est intéressant car les données cliniques à long terme manquaient pour conforter ce constat. 

Méthodologie

Dans cette étude japonaise (7 centres), la cohorte était formée de patients présentant un syndrome de l’onde J (85 sujets souffrant du syndrome de Brugada de type 1 et 49 sujets présentant un SRP). Tous présentaient des antécédents de FV et un défibrillateur implantable. L’élévation du pic de l’onde J dans au moins 2 dérivations inférieures et/ou latérales a été recherchée à l’inclusion et confrontée au pronostic à long terme.

Principaux résultats

  • Après l’épisode initial de FV, 98% ont été suivis sans prescription d'antiarythmiques. Au total, 39% ont présenté une récidive de FV, dont 37 sujets présentant un syndrome de Brugada et 15 présentant un SRP et respectivement 14% et 16% ont présenté au moins 3 épisodes de FV en 24 heures.
  • La présence des ondes J sur les dérivations antérieures était significativement plus élevée chez les patients SRP ayant présenté une récidive par rapport aux autres (60% vs 15%, p=0,0043).  La récidive de FV était plus élevée chez les patients SRP et les sujets présentant un syndrome de Brugada lorsqu’ils présentaient aux ondes J (log-rank p=0,023 pour les Brugada avec ondes J, p=0,0009 pour les SRP avec ou sans ondes J en dérivation antérieure).
  • Concernant les sujets SRP, l'incidence annuelle de FV était de 20,6% pour ceux présentant des ondes J en dérivation inféro-latérales, contre 8,1% pour les autres. En revanche, les ondes J d'amplitude élevée (≥ 0,2 mV) et les ondes J avec un segment ST horizontal ou descendant, évoquées dans la conférence de consensus, n'étaient pas statistiquement associées à un risque supérieur de récidive.