Progression de la survie à un an des grands prématurés

  • Norman M & al.
  • JAMA
  • 26 mars 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Un an après leur naissance, la comparaison du nombre de grands prématurés en vie ou en vie sans morbidité néonatale majeure a progressé depuis 2004-2007 en Suède. Ces résultats nationaux exhaustifs sont issus de la cohorte EXPRESS 2 qui était le corollaire de l’étude préalable EXPRESS menée entre 2004 et 2007. Cette dernière avait été l’occasion de faire évoluer les recommandations nationales, officialisées en 2016 : elles prévoyaient notamment de transférer les femmes présentant une menace d’accouchement très prématuré vers des centres hyperspécialisés dès la 22 e semaine de grossesse, de prescrire systématiquement des corticoïdes anténataux à partir de la 23 e semaine de grossesse (à considérer durant la 22 e ), de réaliser une césarienne à partir de la 24 e semaine (à considérer durant la 23 e ) et enfin, le cas échéant, de réanimer l’enfant en présence d’un néonatologue à partir de la 23 e semaine (à considérer durant la 22 e ).

L’éditorial qui accompagne l’article pose la question de la transposition de ces données à d’autres pays, les recommandations en matière de prise en charge du risque et de la grande prématurité étant le plus souvent nationales. Cette étude présente néanmoins l’avantage de voir les progrès réalisables, à partir d’une étude nationale exhaustive, grâce à l’évolution des bonnes pratiques en la matière.

Méthodologie

L’étude EXPRESS 2 est une étude rétrospective qui a été menée entre janvier 2014 et décembre 2016 dans laquelle tous les enfants nés en vie ou morts-nés entre la 22 e et la 26 e semaine de grossesse ont été regroupés. Le suivi a été mené à partir des différents registres et bases de données existants dans le pays. Enfin, ces données ont été comparées à celles de l’étude initiale, EXPRESS, qui avait été menée de façon prospective, auprès d’une population comparable entre avril 2004 et mars 2007.

Principaux résultats

  • Au total, 1.196 naissances prématurées entre 22 et 26 semaines de grossesse (3,4/1.000) ont été notifiées entre 2014 et 2017 contre 1.009 (3,3/1.000) entre 2004 et 2007 (p = 0,61). Entre ces deux périodes, le taux de mortinatalité a significativement diminué passant de 30% (n=304, soit 1,0/1.000 sur l’ensemble des naissances) à 23% (n=273, soit 0,77/1.000) (différence 7% [3,6% -11%], p

  • La survie à un an des enfants nés vivants après 22 à 26 semaines de grossesse a progressé entre les deux périodes, passant de 70 à 77% (différence 7 points, p =0,003) et celle des enfants nés vivants sans morbidité néonatale majeure est passée durant la même période de 32 à 38% (différence de 6 points, p =0,008).

  • La proportion des prématurés nés vivants et décédés avant leur admission en soins intensifs avait diminué entre 2004-2007 (10%) et 2014-2016 (6,3%) (différence de 4% [1,0%-6,5%], p =0,005), avec respectivement 65 et 20% de décès pour les enfants en semaine 22 et 23 durant la première période, contre respectivement 48 et 6,8% durant la seconde période.

  • Enfin, la survie à un an des nourrissons admis aux soins intensifs était similaire durant les deux périodes (78 vs 82%, 4 points, p =0,07).

  • Parmi les principales morbidités néonatales notifiées, la fréquence des leucomalacies périventriculaires et des dysplasies bronchopulmonaires a diminué entre les deux études, tandis que celles des hémorragies intraventriculaires et des rétinopathies étaient stables. Seule la fréquence des entérocolites ulcéronécrosantes a augmenté, passant de 6 à 10%.