Programme de réhabilitation cardiaque post-IDM : quel bénéfice ?

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La réhabilitation cardiaque est une composante importante de la prévention secondaire de l’infarctus du myocarde (IDM) et l’orientation vers ces programmes est considérée comme une mesure de la qualité des soins. Une étude publiée récemment dans JAMA Cardiology a cherché à évaluer l’association entre la participation à un programme de réhabilitation cardiaque en post-IDM et l’état de santé ainsi que la survie de ces patients.

Méthodologie

  • Étude rétrospective de cohorte ayant inclus des patients issus de deux registres sur l’infarctus du myocarde : la cohorte PREMIER suivie entre le 1er janvier 2003 et le 28 juin 2004 et la cohorte TRIUMPH suivie entre le 11 avril 2005 et le 31 décembre 2008.
  • L’analyse a porté sur 4.929 patients présentant des données disponibles sur leur état de santé à l’inclusion, à 6 ou 12 mois de suivi, en ayant participé à un programme de réhabilitation cardiaque.
  • Les programmes de réhabilitation cardiaque considérés à travers ces deux registres étaient organisés en centres médicaux.
  • L’exposition considérée était la participation à au moins une session de réhabilitation cardiaque durant les 6 mois suivants la sortie de l’hôpital.
  • Critères d’évaluation : l’état de santé des sujets a été quantifié à travers le Seattle Angina Questionnaire (SAQ) et l’échelle en 12 points (SF-12). Le critère principal d’évaluation était la différence moyenne du SAQ durant les 12 mois post-IDM entre les patients qui ont participé à un programme de réhabilitation et ceux qui n’y ont pas participé. Les critères secondaires d’évaluation étaient constitués de la différence moyenne des scores SF-12 et de la mortalité toutes causes confondues.

Résultats

  • Les données de 3.328 hommes et 1.601 femmes ont été analysées ; l’âge moyen de la cohorte était de 60 ans
  • Les différences moyennes du SAQ et de l’échelle SF-12 étaient similaires à 6 et 12 mois entre les 2.012 sujets ayant participé à la réhabilitation cardiaque et les 2.894 n’ayant pas suivi ce programme.
  • En revanche, le taux de mortalité toutes causes confondues (jusqu’à 7 ans) était inférieur chez les patients ayant suivi un programme de réhabilitation cardiaque par rapport à ceux n’en ayant pas suivi, HR : 0,59 [IC95% : 0,46-0,75]. Ces résultats confirment des données d’études précédentes.

Limitations

  • La participation ou non à un programme de réhabilitation était rapportée par les patients eux-mêmes à travers des interviews, sans qu’il y ait de vérification de ces propos.
  • Aucune précision n’a été renseignée quant au type, à l’intensité, la fréquence ou encore la durée de la participation des patients au programme.

À retenir

Les résultats de cette étude montrent qu’au sein d’une cohorte ayant eu un infarctus du myocarde, les patients ayant ou non suivi un programme de réhabilitation cardiaque ont le même état de santé durant les années ayant suivi l’IDM. En revanche, ceux qui avaient participé à un programme de réhabilitation avaient un bénéfice en terme de survie comparativement aux autres patients.