Programme de bon usage des antibiotiques : des résultats encourageants en Ehpad


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Selon une étude menée dans 3 Ehpad franciliens, l’accompagnement du médecin coordonnateur par une équipe hospitalière de référence permet de réduire la résistance des entérobactéries urinaires aux fluoroquinolones.

  • Ces données doivent encourager de telles démarches de bonne gestion des antibiotiques au sein des Ehpad, en lien avec l’équipe spécialisée en antibiothérapie de l’hôpital de référence.
     

La fréquence de l’antibiorésistance est élevée chez les résidents en établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), en particulier concernant les entérobactéries urinaires. En conséquence, un programme de bon usage des antibiotiques dédiés à ces structures d’accueil a été mis en place en Ile-de-France en 2015. Cette étude rétrospective visait à en évaluer l’efficacité.

Ainsi, le travail a été conduit dans 3 Ehpad : en 2015, les soignants recevaient une formation d’une journée à l'utilisation d'un kit d’outils de gestion des antimicrobiens développé par l’OMEDIT. En 2016, seules deux d’entre eux ont bénéficié du soutien quotidien du médecin coordonnateur par une équipe regroupant un infectiologue, un microbiologiste clinique et un pharmacien hospitalier, avec pour objectif de réduire la consommation d'antibiotiques à large spectre, et notamment les fluoroquinolones. Les taux de résistance des entérobactéries urinaires ont été comparées avant et après chacune des deux interventions (2013-15 puis 2016-17 selon l’accompagnement ou non de l’équipe d’antibiothérapie). L'ofloxacine a été choisie comme molécule pour refléter la sensibilité aux fluoroquinolones.

Sur toute la période d'étude, 338 isolats urinaires ont pu être rétrospectivement analysés pour l’ensemble des 3 sites, Escherichia coli étant l’entérobactérie la plus fréquemment représentée (63%), suivie de Proteus spp (16%) et Klebsiella spp (12%). Une diminution de la résistance à l'ofloxacine (−16%, p=0,004), ainsi qu’à l'amoxicilline - acide clavulanique (−26%, p