Profession sexologue : préliminaires … d’une profession qui bouge ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Les résultats préliminaires d’une enquête nationale menée en partenariat avec la Fédération française de sexologie et de santé sexuelle auprès des participants aux Assises de sexologie viennent de paraître dans la revue Sexologies. Qui sont ces sexologues ? Quelles sont leurs caractéristiques et leur formation ? Comment évolue leur domaine d’intervention ? Autant de questions auxquelles cette enquête tente de répondre. 

Profil sociodémographique

Entre 1999 et 2019, la profession s’est largement féminisée passant d’une majorité d’hommes (60%) en 1999 à une majorité de femmes en 2019 (80%). Même s’ils constituent la première des spécialités représentées, les médecins sont aujourd’hui moins nombreux qu’en 1999 (68% en 1999 et 33% en 2019). Et dans ce sous-groupe de sexologues, la proportion d’hommes y est encore importante aux regards d’autres sous-groupes de professionnels.

Parmi les non-médecins, les psychologues restent les plus représentés bien que leur proportion diminue (de 36% à 20%). D’autres professions ont pris une part plus importante parmi les sexologues, notamment des infirmières (de 5% à 22%) et les sages-femmes (de 7,5% à 21%). Par ailleurs la profession se rajeunit par l’intermédiaire des non-médecins principalement. En 2019, l’âge moyen des sexologues français était de 54 ans pour les hommes et 48,5 ans pour les femmes. 

Pratique et formation

Les médecins se reconnaissent plus favorablement comme « spécialistes en médecine sexuelle » et les autres professionnels comme « conseillers en santé sexuelle » ou « sexothérapeutes ». Si la majorité des participants déclare avoir suivi au moins une formation en sexologie, santé sexuelle ou sexualité humaine (75% parmi les non médecins et 67% parmi les médecins), tous n’ont pas obtenu de diplôme (28% n’ont pas répondu à la question et 10% ont déclaré explicitement ne pas en avoir obtenu).

Entre 1999 et 2019, la part de ceux qui travaillent exclusivement en salarié dans le domaine a fortement augmenté, passant de moins de 10% à 31,4%, la part des professionnels exerçant exclusivement en libéral reste en revanche stable. Ceux qui travaillent comme salariés le font le plus souvent en CHU (53%). Si la proportion de ceux qui consacrent moins de 50% de leur activité professionnelle à la sexologie reste stable en 2019, en revanche, la proportion de ceux/celles qui y consacrent la totalité de leur activité professionnelle progresse de 9% à 13%. La pratique clinique constitue la principale activité des sexologues ayant répondu à l’enquête (49% pour les médecins et 38% pour les non-médecins). Le temps accordé à l’éducation et au conseil en santé sexuelle est plus important pour les non-médecins que pour les médecins. 

Pourquoi ces résultats sont intéressants

Les changements démographiques dans le domaine de la santé concernent de nombreuses professions. Celle de sexologue n’y échappe pas. Et ces évolutions soulignent celle d’une profession qui est encore en voie de légitimation et de reconnaissance par les instances académiques, les sociétés savantes, les systèmes d’assurance maladie et les systèmes de formation professionnelle continue.

Méthodologie

Ces données sont issues d’une enquête transversale réalisée entre décembre 2018 et mars 2019 grâce à un questionnaire auto-administré.