Profession, âge, vie en couple : quelques facteurs de la fécondité féminine en France


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Fabienne Daguet (INSEE - Institut national de la statistique et des études économiques) a établi un état des lieux fouillé de la fécondité des femmes françaises à partir de données démographiques de 2016. Cette année, en moyenne, elles ont eu 1,91 enfants et ont accouché à 30,5 ans. Ces deux moyennes varient en fonction de plusieurs facteurs, dont voici les principaux.

Les femmes qui n’ont jamais travaillé ont de loin la plus forte fécondité : ICF à 2,57 (l’indicateur conjoncturel de fécondité – ICF – est le nombre moyen d’enfants qu’aurait un groupe donné de femmes si elles conservaient toute leur vie féconde leur taux de fécondité de l’année d’observation). Quand elles ne sont ni élèves ni étudiantes, leur ICF grimpe à 3,24. Parmi les femmes qui travaillent ou ont déjà travaillé, les employées ont la fécondité la plus forte (ICF à 1,91), suivies par les ouvrières (1,76), les femmes exerçant une profession intermédiaire (1,75), les artisanes, commerçantes ou cheffes d’entreprise (1,70) et enfin les cadres (1,64).

Avant l’âge de 30 ans, les employées (au sens INSEE : salariée au niveau “ouvrier”, mais au travail non manuel) ont trois fois plus d’enfants que les cadres (0,31 versus 0,93). Après 30 ans, ce sont les cadres qui ont la fécondité la plus forte (1,32 versus 0,88 chez les ouvrières) parmi les femmes qui travaillent ou ont déjà travaillé.

Neuf enfants sur dix naissent au sein d’un couple. Les cadres vivent plus longtemps à deux avant d’avoir leur premier enfant. En 2016, 100 femmes cadres en couple âgées de 30 à 42 ans ont eu 13 enfants, soit presque autant que 100 femmes en couple sans profession (14 enfants). 

Les employées et professions intermédiaires ont une fécondité d’autant plus forte que leur conjoint occupe une profession peu élevée dans l’échelle sociale. Les femmes en couple les plus fécondes sont les employées ayant un conjoint ouvrier ou artisan.

La fécondité est plus élevée parmi les femmes immigrées que parmi les non immigrées. Plus la position dans l’échelle sociale est élevée, plus l’écart entre la fécondité des immigrées et celle de non immigrées est faible. Les immigrées ont leur premier enfant plus tôt en moyenne que l’ensemble des femmes, et sont plus souvent mères de familles nombreuses, et ont plus souvent des maternités tardives que les autres femmes.

L’âge moyen à l’accouchement est de l’ordre de 33 ans pour les femmes cadres, de 31 ans pour les professions intermédiaires et de 30 ans pour les employées et les ouvrières.

Pour les hommes qui travaillent ou ont travaillé, la fécondité varie assez peu d’un groupe social à l’autre (ICF à 1,8 pour les employés et professions intermédiaires, 2,1 pour les agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise). En revanche et contrairement aux femmes, elle est nettement plus faible chez les hommes ne travaillant pas ou n’ayant jamais travaillé par rapport aux autres (ICF à 0,84 versus 1,77 de moyenne pour l’ensemble des hommes). Pour l’auteure de l’étude, c’est parce qu’ils sont moins souvent en couple, alors que quand ils le sont, ils ont plus d’enfants que les autres.