Procédure de resynchronisation cardiaque : quelle est la pratique française ?

  • Galand V & al.
  • Arch Cardiovasc Dis
  • 1 nov. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une nouvelle étude prospective sur la thérapie de resynchronisation cardiaque (CRT) vient d’être réalisée en collaboration avec l’European Heart Faillure Associationet l’European Heart Rhythm Association. Cette étude a comparé les patients français bénéficiant de cette procédure à des patients européens. Les résultats montrent que si le niveau de succès de la procédure est équivalente en France et en Europe, en revanche les patients français qui en bénéficient sont globalement plus âgés que les patients européens, moins symptomatiques, ont plus souvent un QRS 35% au moment de la procédure, ainsi qu’une fonction rénale globalement plus dégradée. En France, la procédure serait de plus courte durée et il y aurait moins de prescription visant à optimiser la fonction cardiaque en sortie hospitalière. L’étude fait également ressortir un taux d’infections post-procédure plus important en France que dans la cohorte européenne. Ceci pourrait notamment s’expliquer par une moindre antibioprophylaxie chez ces sujets par rapport à la cohorte européenne, un point qui devra être optimisé. Cette étude met également en évidence qu’un certain nombre de patients français bénéficient de cette procédure sans pour autant répondre aux critères des recommandations. Les auteurs précisent cependant ne pas bénéficier de toutes les données permettant de comprendre le choix des praticiens.

Protocole de l’étude

Cette étude a inclus 42 pays, et elle fait suite à une première enquête européenne menée entre 2008 et 2009 qui avait montré d’importantes disparités dans les pratiques cliniques concernant la resynchronisation cardiaque. La CRT peut se faire avec implantation d’un appareil de resynchronisation avec fonction pacemaker (CRT-P) ou d’un resynchronisateur avec fonction pacemaker et défibrillation (CRT-D).

Principaux résultats

Au total, 11.088 patients devant recevoir une CRT-P ou CRT-D ont été inclus de manière consécutive sur une période de 15 mois entre octobre 2015 et décembre 2016. Parmi eux, 754 français ont été traités par 14 centres de soins. Selon les résultats de cette étude, par rapport à ceux de la cohorte européenne, les sujets français bénéficiant d’une resynchronisation cardiaque seraient plus âgés (45% avaient plus de 75 ans, contre 31% pour les européens), auraient moins de comorbidités (hypertension sévère, diabète, bronchopneumopathie obstructive), et moins d’antécédents d’infarctus du myocarde. Les patients français étaient 3,5 fois plus nombreux en classe I de NYHA et 1,6 plus nombreux en classe IV. Par rapport aux européens, les patients français avaient également une fraction d’éjection ventriculaire gauche plus souvent >35% (17% vs 13%), plus souvent une régurgitation mitrale (50% vs moins de 20%) et une durée de QRS plus courte (elle était

Le taux de succès de la procédure était similaire et dépassait les 97% en France et en Europe, avec cependant un temps d’intervention et de fluoroscopie plus court en France. 

Partout, la procédure CRT-D était la plus utilisée. Les équipes françaises pratiquant cependant plus souvent à une implantation CRT-P que les équipes européennes dans leur ensemble. Les patients français recevaient moins souvent une antibioprophylaxie (95,9% vs 98,8%), et moins souvent un traitement de l’insuffisance cardiaque en sortie hospitalière. La durée d’hospitalisation post-procédure était supérieure en France notamment du fait d’un taux d’infection plus élevé (1,3% vs 0,5%).