Prise en charge médicamenteuse des TDAH où en est-on ?

  • Cortese S & al.
  • Lancet Psychiatry
  • 7 août 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon cette récente méta-analyse, toutes les molécules testées ont été plus efficaces que le placebo dans le traitement aigu des TDAH après 12 semaines de traitement environ, à l’exception du modafinil chez l’adulte. Elles se sont cependant montrées moins efficaces et moins bien tolérées chez l’adulte que chez les enfants et adolescents. Les résultats d’efficacité, de tolérance et d’acceptabilité incitent à privilégier le méthylphenidate en première ligne pharmacologique chez l’enfant et l’adolescent. Les amphétamines paraissent en revanche plus efficaces, mieux tolérées et mieux acceptées chez l’adulte. De nouvelles études en face-face sont encore attendues pour confirmer les données et évaluer l’efficacité et la sécurité de ces molécules à plus long terme.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Concernant 5% des enfants d’âge scolaire et 2,5% des adultes de par le monde, les troubles de déficit de l’attention et hyperactivité représentent un fardeau considérable. Dans de nombreux pays, les prescriptions médicamenteuses se sont fortement accrues dans cette indication au cours des 20 dernières années. Mais les méta-analyses réalisées jusqu’ici ont apporté des résultats contradictoires quant à l’efficacité et la sécurité des molécules utilisées. Par ailleurs, les recommandations de prise en charge varient d’un pays à un autre. En France, seul le méthylphénidate est actuellement recommandé par la HAS dans la TDAH de l’enfant et de l’adolescent. Pour évaluer l’efficacité et la sécurité de ces molécules avec plus de précision, une équipe britannique a réalisé une méta-analyse en réseau à partir des données de l’ensemble des essais disponibles.

Méthodologie

Tous les essais contrôlés, randomisés, en double aveugle ayant comparé l’efficacité et la sécurité de différentes molécules utilisées dans la prise en charge des TDAH (amphétamines, atomoxétine, bupropion, clonidine, guanfacine, méthylphénidate ou modafinil en monothérapie) entre elles ou avec un placebo, chez les enfants, les adolescents et chez les adultes, ont été recherchés. Les données ont été collectées entre janvier 2014 et septembre 2017 aux points les plus proches de 12, 26 et 52 semaines, puis analysées.

Résultats

  • Au total, 133 essais contrôlés randomisés, en double aveugle ont été inclus dans la méta-analyse en réseau, 81 chez l’enfant, 51 chez l’adulte, 1 chez les deux. Le risque de biais était mal évalué dans la majorité des essais, chez les enfants et adolescents comme chez les adultes.
  • L’analyse d’efficacité aux alentours de 12 semaines a été réalisée sur 10.068 enfants et 8.131 adultes.
  • Tous les médicaments testés se sont montrés plus efficaces que le placebo sur les principaux symptômes de TDAH des enfants et adolescents selon l’évaluation des cliniciens. En revanche, seuls le méthylphénidate et le modafinil se sont montrés plus efficaces selon l’évaluation des enseignants.
  • L’évaluation clinique des adultes indiquait que les amphétamines, le méthylphenidate, le bupropion, et l’atomoxétine (mais pas le modafinil), étaient tous supérieurs au placebo. En face-face, le méthylphenidate, l’amoxétine et le bupropion se sont montrés supérieurs au modafinil.
  • Pour l’ensemble de la population considérée (enfants, adolescents et adultes), les amphétamines ont été significativement supérieures au modafinil, à l’amoxétine et au méthylphenidate.
  • Dans l’analyse de tolérance menée sur 11.018 enfants et 5.362 adultes, les amphétamines se sont cependant montrées inférieures au placebo, aussi bien chez les enfants et adolescents que chez les adultes, tandis que le méthylphenidate n’a été inférieur au placebo que chez les adultes. Par ailleurs, le méthylphenidate était le seul médicament à présenter une meilleure acceptabilité que le placebo chez les enfants et adolescents. Seules les amphétamines étaient dans ce cas chez les adultes.