Prise en charge du cancer de l’endomètre en France : que pourrait-on améliorer ?


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Une étude vient d’évaluer la qualité des soins du cancer de l’endomètre en France en utilisant des indicateurs pertinents. Des facteurs susceptibles d’influencer cette prise en charge ont ainsi été identifiés. Les résultats montrent que pour améliorer la prise en charge des cancers de l’endomètre, le recours à la laparoscopie devrait être plus fréquent et le délai avant traitement adjuvant réduit, et ce, tout particulièrement dans les centres de soins non-universitaires.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Le cancer de l’endomètre est le cancer gynécologique pelvien le plus fréquent. Évaluer la prise en charge de ce cancer et estimer les critères influençant sa prise en charge présentent un intérêt pour améliorer le pronostic des patientes concernées.

Méthodologie

Les données sont issues d’un échantillon de la population française (Échantillon Généraliste de Bénéficiaires). Les cas de cancer de l’endomètre ayant bénéficié d’un traitement chirurgical entre 2005 et 2014 ont été identifiés. Les critères de qualité considérés étaient : le taux de survie à trois ans, le délai entre l’intervention chirurgicale et le traitement adjuvant, l’utilisation de la radiothérapie en modulation d’intensité (RTMI) ou de la radiothérapie conformationelle en 3 dimensions (RTC3D) et le taux de chirurgie mini-invasive.

Principaux résultats

Au total 405 femmes ont été incluses, l’âge moyen des  participantes était de 66,6 ans et le suivi moyen de 55,7 mois. La prise en charge était réalisée pour 47,2% des cas en institution publique.

  • Le taux de survie moyen à 3 ans atteignait 77%.
  • Le pourcentage moyen de chirurgie mini-invasive était de 17,3%.
  • 47,8% des femmes qui recevaient un traitement adjuvant l’avaient reçu en moyenne dans les 60 jours après la chirurgie.
  • Parmi celles ayant reçu un traitement adjuvant par radiothérapie, 83,3% avaient bénéficié des techniques les plus modernes de RTMI ou de RTC3D.
  • Le diabète et l’âge inférieur à 65 ans étaient associés à une augmentation du taux de survie à 3 ans (respectivement odds ratio (OR) 1,24 [1,08-1,41] et 1,15 [1,01-1,35]). 
  • Au niveau individuel, la lymphadénectomie était significativement associée à la radiothérapie adjuvante par RTMI ou RTC3D.
  • La RTMI et la RTC3D étaient plus souvent réalisées en CHU, à l’inverse de la laparotomie.

Principales limitations

Étude ayant inclus un très faible nombre de patientes.