Prise en charge de premier recours des patients suspectés de COVID-19 : les questions clés !


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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La HAS en collaboration avec le Collège de médecine générale, la Société de pathologie infectieuse de langue française et le Collège National des Généralistes Enseignants a publié des fiches de réponses rapides pour aider les praticiens à prendre en charge les patients suspectés de COVID-19. Ces fiches sont régulièrement mises à jour, la dernière date du 5 novembre 2020.

La HAS insiste notamment sur le fait que :

  • La majorité des patients atteints de COVID-19 relève d’une prise en charge ambulatoire.
  • L’évaluation clinique initiale et le suivi sont à effectuer préférentiellement en présentiel.
  • L’examen clinique inclut notamment la mesure de la saturation en 02 qui confirme ou infirme la décision de la prise en charge ambulatoire.
  • 85% des porteurs du virus auraient une forme asymptomatique ou paucisymptomatique.
  • Dans le contexte épidémique actuel, tout malade ayant des manifestations cliniques évocatrices du COVID-19 doit être considéré comme COVID-19 positif jusqu’à preuve du contraire.
  • La prise en charge globale est identique pour les patients ayant un test RT-PCR positif, en attente d’un résultat de RT-PCR, et à forte suspicion de COVID-19 avec un résultat de RT-PCR négatif.
  • Face à un patient de 11 ans ou plus se présentant en consultation avec des symptômes évocateurs d’une infection à SARS-CoV-2 ou ayant eu ces symptômes, le médecin doit rechercher une possible exposition et dater le début des symptômes. Les signes cliniques évocateurs d’un COVID-19 sont une infection respiratoire aiguë avec fièvre ou sensation de fièvre ou toute autre manifestation de survenue brutale parmi les suivantes : 
    • Population générale : asthénie inexpliquée, myalgie inexpliquée, céphalées en dehors d’une pathologie migraineuse connue, anosmie ou hyposmie sans rhinite associée, agueusie ou dysgueusie.
    • Chez les plus de 80 ans : altération de l’état général, apparition ou aggravation de troubles cognitifs, syndrome confusionnel, diarrhée, décompensation d’une pathologie antérieure.
    • Chez les enfants : tous les signes cités ci-dessus pour la population générale, altération de l’état général, diarrhée, fièvre isolée chez l’enfant de moins de 3 mois.
    • Chez les patients en situation d’urgence : troubles du rythme cardiaque récents, atteintes myocardiques aiguës, événement thromboembolique grave.

L’examen clinique doit comporter :

La prise de température, du pouls, de la tension artérielle, la mesure de la saturation en oxygène, la fréquence respiratoire et l’auscultation.

Questions clés : 

Identifiez les symptômes, la date de début de ces symptômes et leur évolution :

  • « Quels sont vos symptômes ? », « Que ressentez-vous ? »
  • « Quand vos symptômes ont-ils commencé ? »
  • « Comment ont évolué vos symptômes ? »
  • ATTENTION !  Poser la question « Êtes-vous essoufflé ? » ne suffit pas ! L’hypoxie n’est pas toujours ressentie par les patients. Il faut tester la parole sans pause « Comptez sans reprendre votre respiration » ou l’essoufflement inhabituel à la marche et mesurer la saturation en oxygène. 

Questionnez le patient pour juger de son risque d’exposition au virus :

  • « Avez-vous été récemment en contact avec un patient déclaré COVID-19 positif ? » Si oui, « À quelle date ? »
  • « Quel est votre métier ? », « Prenez vous des transports en commun ? »,
  • « Avez-vous été exposé récemment à une population importante ? »

Recherchez s’il y a des personnes fragiles dans le foyer :

  • « Est-ce que vous vivez avec des personnes âgées et/ou fragiles ? »