Prise en charge de la maladie thromboembolique veineuse aux urgences

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

En 2009, l’Afssaps a publié sans diffusion spécifique aux professionnels de santé (par courrier postal ou électronique) des recommandations de bonnes pratiques (RBP) pour la prévention et le traitement de la maladie thromboembolique veineuses (MTEV). Celles-ci n’ont pas abouti à une modification significative des pratiques. Seul le recours à « un traitement ambulatoire ou [à une] courte durée d’hospitalisation » (en dehors des critères d’hospitalisation) a été significativement différent sur la période avant et après publication de ces recommandations, avec une détérioration du suivi de cette recommandation. Globalement, la conformité aux RBP proposées est insuffisante, seuls 5,6% et 3,7% des sujets éligibles à ces recommandations en ayant bénéficié respectivement avant et après 2009.

Principaux résultats

  • Au global, 70 sujets ont été traités pour thromboembolie veineuse profonde (TVP) et 62 pour embolie pulmonaire (EP) avant la mise en place des recommandations, et 50 ont été traités pour TVP et 103 pour EP après.
  • Les populations de patients EP avant et après 2009 étaient assez similaires. En revanche, parmi les patients TVP, la population évaluée après 2009 était plus âgée (âge moyen 66 ans vs 57 ans, p=0,019), plus dépendante (score GIR moyen 4,96 vs 5,96, p=0,009) et présentait plus de comorbidités (score Charlson moyen 3,22 vs 2,36, p=0,024). La proportion de patients insuffisants rénaux sévères ou atteints de cancer était également plus importante après 2009.
  • Par ordre décroissant de suivi des recommandations (en pourcentage de cas), la recommandation 3, « si forte probabilité clinique, débuter le traitement avant les tests diagnostiques » n’était pas suivie dans 80,3% des cas « avant » et 84,4% des cas « après » 2009, sans différence significative entre les deux périodes. La recommandation 1, le « traitement ambulatoire ou courte durée d’hospitalisation » (en dehors des critères d’hospitalisation) était suivie dans 66,7% des cas « avant », mais ne l’était plus dans 65,8% des cas « après » 2009 (p=0,004). La recommandation 2, « HBPM ou fondaparinux en priorité » (hors insuffisance rénale) n’était pas suivie dans 48,1% des cas « avant » et 52,5% des cas « après » 2009 (NS). Enfin, la recommandation 4, « relais par AVK précocement le premier jour du traitement initial » était non suivie dans 18,1% des cas « avant » et 19,8% des cas « après » 2009 (NS).

Méthodologie

  • Étude rétrospective avant/après portant sur 132 patients traités aux urgences des hospices civils de Lyon pour thrombose veineuse profonde et/ou embolie pulmonaire en 2008-2009 (« avant ») et 153 traités en 2010-2011 (« après »).
  • Seules les quatre principales recommandations ont été évaluées.

Principales limitations

  • Étude rétrospective, faible nombre de patients, données manquantes.
  • L’exclusion des patients pour lesquels les RBP n’étaient pas applicables a pu impacter les résultats en réduisant la puissance de l’étude.
  • Par ailleurs, il se peut que le suivi des RBP pour l’ensemble des MTEV soit sous-estimé du fait de la proportion légèrement supérieure d’EP (pour lesquelles les RBP sont moins suivies) par rapport aux TVP.