Prise en charge de la fatigue chez les sujets souffrant de MICI

  • Farrell D & al.
  • Cochrane Database Syst Rev
  • 16 avr. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

La fatigue est un symptôme fréquent des sujets présentant une maladie inflammatoire chronique des intestins (MICI). Une revue de littérature Cochrane vient de faire le point des données disponibles concernant l’efficacité et la tolérance des traitements médicamenteux et non médicamenteux dans ce contexte. L’acupuncture et les conseils sur l’activité physique semblent apporter quelques bénéfices, mais cette revue met en avant qu’il serait temps d’envisager des études de qualité sur le sujet.

Méthodologie

Une revue systématique Cochrane a été réalisée pour identifier les études randomisées et contrôlées ayant comparé l’utilisation d’un traitement pharmacologique ou non pharmacologique à un traitement actif ou à un placebo sur la prise en charge de la fatigue chez des adultes ou des enfants souffrant de MICI.

Principaux résultats

Au total, 14 études (n=3.741) ont été jugées pertinentes et ont été incluses dans les analyses (9 études d’intervention utilisant une solution pharmacologique et 5 une solution non pharmacologique). Neuf études ont permis plus spécifiquement d’avoir accès à des données concernant la fatigue, soit 1.344 participants. Parmi ces études, quatre seulement avaient considéré la fatigue comme critère principal d’évaluation.

Les analyses suggèrent que l’acupuncture durant 8 semaines pourrait réduire fortement la fatigue et améliorer la qualité de vie par rapport à une procédure factice (faible niveau de preuve et peu de données). Aucun événement indésirable n’a été rapporté dans ce contexte.

Les niveaux de preuves associés aux thérapies cognitives et comportementales sont encore trop faibles. 

Une étude ayant comparé l’administration une semaine sur deux d’adalimumab 40 mg à un placebo pourrait réduire la fatigue chez les sujets ayant une maladie de Crohn modérément sévère à sévère (faible niveau de preuve). Les patients étaient connus pour être répondeurs à un traitement par adalimumab. La différence entre les deux groupes était cliniquement significative. 

Le fer (maltol ferrique) n’a pas montré d’intérêt par rapport au placebo sur un traitement de 12 semaines (faible niveau de preuve).

Une étude incluant un faible nombre de patients a montré que des conseils d’activité physique associés à la prise d’oméga 3 ou à un placebo permettaient de réduire la fatigue par rapport à la prise d’oméga 3 sans conseils associés d’activité physique. Ce dernier groupe a par ailleurs présenté un nombre d’événements indésirables plus important (diarrhée, ballonnements) que les groupes qui avaient reçu des conseils d’activité physique.

Limites

La plupart des études étaient de petite taille et les preuves de faible ou très faible qualité.