Primo-infection VIH : TLR7, un élément clé dans la spécificité de la réponse liée au sexe


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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L’IFN-I aurait un rôle déterminant pour limiter la réplication et la propagation du VIH lors de la primo-infection. Sa production est sous la dépendance du TLR-7, un médiateur clé de l’immunité innée antivirale présent dans les cellules dendritiques plasmocytoïdes (CDp). En revanche, l’IFN-I semble avoir un rôle délétère durant la phase chronique du VIH. Afin de mieux comprendre les mécanismes régissant cette opposition, des chercheurs français se sont penchés sur la contribution du TLR-7, dont le gène codant est porté par le chromosome X. En effet, certains polymorphismes mononucléotidique (SNP) de ce gène ont été associés par ailleurs à des disparités dans les paramètres caractérisant l’infection. Dans cette étude, ils se sont intéressés à l’allèle rs179008 , un polymorphisme qui a été décrit comme associé à la charge virale et au taux de cellules CD4 chez les hommes, mais aussi à une prévalence plus élevée de l’infection VIH-1 chez les femmes. Trente à cinquante pourcent des femmes européennes sont porteuses d’au moins une copie de cet allèle, porté par le chromosome X.

Disparité entre femmes homozygotes et femmes hétérozygotes

Les chercheurs ont caractérisé les paramètres liés à l’infection VIH selon la présence de l’allèle chez les hommes et les femmes présentant une primo-infection VIH-1 de la cohorte ANRS CO6. Ils ont observé que la présence de l’allèle rs179008 chez les femmes était associé à la production de TLR7 et d'IFN-I par les CDp. Par ailleurs, les femmes homozygotes présentaient des paramètres cliniques de l'infection VIH-1 (charge virale, taux de CD4+…) plus favorables que celles qui ne portaient pas l’allèle. Enfin, ces paramètres ne présentaient pas de différence significative chez les hommes qu’ils soient ou non porteurs du SNP.

Selon cette étude, le gène codant pour TLR7 échapperait à l’inactivation de l’un des chromosomes X, favorisant chez les femmes homozygotes un taux de protéine TLR7 moins élevé, propice à une moins forte charge virale lors de la primo-infection et sans doute à une vitesse d’évolution moins rapide de la maladie. Le TLR7 pourrait jouer un rôle clé dans les disparités d’évolution liées au sexe. Cette voie pourrait être utile pour limiter l’évolution de l’infection au moment de la primo-infection VIH.