Prévention du diabète de type 2 : faut-il opter pour la supplémentation en vitamine D ?

  • Pittas AG & al.
  • N Engl J Med
  • 7 juin 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude multicentrique, randomisée, contrôlée versus placebo vient de montrer que chez les sujets à haut risque de développer un diabète, non sélectionnés sur un statut de déficit en vitamine D, une supplémentation à la dose de 4.000 UI par jour ne diminuerait pas le risque de développer un diabète de type 2 à 2,5 ans en moyenne par rapport au placebo.

Pourquoi cette étude a été menée ?

Ce sont les résultats d’études observationnelles ayant montré une association entre les faibles taux en 25-hydroxyvitamine D et le risque de diabète de type 2 qui ont incité les auteurs à évaluer l’intérêt d’une supplémentation en vitamine D sur la survenue d’un DT2. 

Méthodologie

Cette étude a inclus des sujets à haut risque de diabète de type 2. Des adultes prédiabétiques, avec au moins deux des trois critères suivants : glycémie à jeun 100 à 125 mg/dL, taux de glycémie 2 heures après une charge glucosée entre 140-199 mg/dL, HbA1c entre 5,7 et 6,4%. Ils ont reçu 4.000 UI par jour de vitamine D3 ou un placebo.

Principaux résultats

Au total 2.423 personnes ont été randomisées pour recevoir soit de la vitamine D (n=1.211), soit un placebo (n=1.212). Sur l’ensemble de la cohorte, 44,8% était des femmes, 33,3% n’étaient pas d’origine caucasienne, l’âge moyen était de 60 ans, l’IMC moyen de 32,1 kg/met le taux d’HbA1c moyen de 5,9%. Le suivi moyen était de 2,5 ans dans les deux groupes.

  • À l’inclusion, le taux moyen de 25(OH)D était de 28,0 ng/mL (69,9 nmol/L) sans différence significative entre les deux groupes.
  • À la fin de l’essai, 616 sujets avaient développé un diabète : 293 dans le groupe vitamine D et 323 dans le groupe placebo. Le risque de développer un diabète de type 2 était ainsi diminué de 12% mais cette valeur n’était pas significative (hazard 0,88 [0,75-1,04], p=0,12).
  • Au total, 13,9% des sujets du groupe vitamine D et 14,1% du groupe placebo ont arrêté l’essai, pris des traitements contre le diabète ou des suppléments de vitamine D en dehors de l’étude. Malgré cela, l’observance du traitement a été jugée comme bonne (85,8% des comprimés prescrits ont été pris). Et 11,2% des patients ont arrêté leur traitement dans le groupe vitamine D contre 8,9% dans le groupe placebo. 

Financements

Étude financée par la National Institute of Diabetes and Digetive and Kidney Diseases and others.