Prévention du diabète de type 2 et vitamine D

  • Pittas AG & al.
  • N Engl J Med
  • 8 août 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Chez les sujets à haut risque de diabète de type 2 non sélectionnés sur un critère de déficit en vitamine D, une supplémentation en vitamine D à la dose de 4.000 UI/j ne permettrait pas de diminuer le risque de diabète de type 2 après un suivi moyen de 2,5 ans.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

De précédentes études ont mis en évidence la diminution des taux de 25(OH)D plasmatique chez les diabétiques de type 2. L’hypothèse de l’intérêt d’une supplémentation restait à être validée.

Méthodologie

Cette étude randomisée, menée en double aveugle, contrôlée versus placebo, a inclus des sujets répondant à au moins deux des trois critères de prédiabète : glycémie à jeun entre 100-125 mg/dL, glycémie plasmatique 2 heures après un test d’hyperglycémie provoquée (75g de glucose oral) entre 140 et 199 mg/dL et HbA1c entre 5,7 et 6,4%. Les patients adultes ont été randomisés pour recevoir soit 4.000 UI/jour de vitamine D soit un placebo en fonction de leur taux de 25(OH)D à l’inclusion. 

Principaux résultats

Au total, 2.423 sujets ont été randomisés (n=1.211 dans le groupe vitamine D et n=1.212 dans le groupe placebo). Parmi les sujets inclus, 44,8% étaient des femmes, l’âge moyen était de 60,0 ans, l’IMC moyen de 32,1 kg/m2, le taux d’HbA1c moyen de 5,9%.

À 24 mois, le taux sérique moyen en 25(0H)D était de 54,3 ng/mL dans le groupe vitamine D et de 28,2 ng/mL dans le groupe placebo.

Après un suivi moyen de 2,5 ans, 293 sujets du groupe vitamine D et 323 du groupe placebo ont développé un diabète.

Les analyses montrent qu’il n’y a aucune différence statistiquement significative de survenue d’un diabète de type 2 entre les deux groupes : hazard ratio 0,88 ([0,75-1,04], p=0,12).

Ces résultats sont cohérents avec ceux de deux études contemporaines menées également chez des sujets à haut risque de diabète : l’étude norvégienne Tromsø Vitamin D (supplémentation par 20.000 UI/semaine, n=511 sujets) et l’étude japonaise Diabetes Prevention with Active Vitamin D (supplémentation par l’eldecalcitol, un analogue de la vitamine D, n=1.256 sujets).