Prévention des violences conjugales : l’État renforce les mesures en période de confinement


  • Agnès Lara
  • Actualités Médicales
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Pour les femmes vivant avec un conjoint violent, l’anxiété, les tensions et la promiscuité suscitées par le confinement constituent un terreau favorable aux violences conjugales. Cette crainte a d’ailleurs été confirmée par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, dans une intervention sur France 2 présentée par Léa Salamé et Thomas Sotto le jeudi 26 mars : « les interventions en zone gendarmerie ont été augmentées de 32%... par rapport à la même semaine de référence l’année précédente… et de +36% à Paris, selon le Préfet de police » (1).

Un nouveau dispositif d’alerte via les pharmacies de ville

Le ministre a rappelé que les dispositifs d’écoute et de consultation étaient maintenus et que les forces de l’ordre restaient mobilisées pour intervenir en cas de violence intrafamiliale. Mais il peut être difficile d’appeler à l’aide lorsque l’on est enfermé avec un conjoint violent. « Nous devons prendre en compte cet enfermement qui empêche de parler » a-t-il lancé avant d’annoncer la mise en place d’un dispositif d’alerte via les officines en accord avec l’Ordre National des Pharmaciens. La pharmacie représente en effet une fenêtre d’opportunité et un lien de proximité pour les femmes victimes de violences. Si elles sont en présence de leur mari, les victimes auront la possibilité d’utiliser un nom de code (masque 19) pour alerter le pharmacien (ou tout autre membre de son équipe). Celui-ci pourra alors transmettre l’alerte aux forces de l’ordre qui sont mobilisées pour intervenir en urgence dans ces situations.

Les numéros pour les victimes de violences maintenus durant le confinement et arrivée du 114

Le 3919 « Violence femmes Info » dédié aux violences faites aux femmes (de 9h à 19h du lundi au samedi), de même que le 119 dédié à l’enfance en danger (24h/24 et 7j/7), sont ouverts durant la période de confinement et le 17 reste le numéro à contacter en cas d’urgence . La plateforme de signalement des violences sexuelles et sexistes mise en place par le ministère de l’intérieur « arretonslesviolences.gouv.fr » est un autre canal accessible 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Elle permet de contacter de façon anonyme des policiers ou gendarmes formés et en capacité de mener des enquêtes et des interventions concernant les violences conjugales. Les professionnels de santé peuvent y orienter les personnes concernées (2-4). Des appels d’initiative de policiers ayant connaissance de femmes en situation à risque de violence conjugale sont encouragés par le ministère de l’intérieur. Et depuis le mercredi 1er avril, l’alerte peut également être donnée par un simple texto au 114, une plateforme gérée par les services hospitaliers de Grenoble et qui peut déclencher l’intervention des forces de l’ordre (5).

Une plateforme de logement et un numéro d’écoute pour les auteurs de violence

Nicole Belloubet, ministre de la justice, a annoncé dans la presse régionale le lancement d’u ne plateforme temporaire d’hébergement pour les auteurs de violences conjugales. Elle sera mise à la disposition des procureurs de façons à apporter une réponse immédiate pour éloigner les conjoints violents du domicile conjugal tout en leur imposant un contrôle judiciaire. Cela laissera aussi aux femmes la possibilité de rester au domicile conjugal si elles le souhaitent. Un numéro d’écoute pour les auteurs de violence a également été créé par le  Secrétariat d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, le 08 019 019 11 (9h-19h), en partenariat avec la Fédération Nationale des Auteurs de Violence (6). Il vise à accueillir la parole d’hommes se sentant au bord du passage à l’acte, de façon à leur offrir une soupape de décompression et la possibilité d’exercer une action préventive. Les écoutants seront des professionnels formés aux problématiques de violences conjugales et de dépendance aux substances psychotropes.