Prévention des infections à VRS chez les enfants prématurés par nirsevimab : premières données de phase 2b

  • Griffin MP & al.
  • N Engl J Med
  • 30 juil. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon une étude de phase 2b multicentrique randomisée en double aveugle menée auprès de 1.500 enfants prématurés en bonne santé, le nirsevimab - un anticorps monoclonal de demi-vie longue (59,3 jours en moyenne) - permettrait de réduire de 70 à 80% le risque d’infection nécessitant une prise en charge médicale ou un risque d’hospitalisation par rapport au placebo.

  • Les données de sécurité montrent des taux globaux d’évènements secondaires ou d’évènements graves modestes, et comparables entre les deux groupes d’enfants, sans sur-risque de développer des Ac anti-médicament. Le développement de la molécule se poursuit.

Les infections respiratoires basses (IRB) liées au virus respiratoire syncytial (VRS) sont une cause de morbimortalité significative chez les enfants durant leur première année de vie, notamment ceux nés prématurés ou présentant une pathologie cardiaque ou respiratoire congénitale. La prophylaxie de ces infections reste difficile, les recherches vaccinales n’ayant pour l’heure pas abouti. La prophylaxie par palivizumab est, elle, compliquée par une efficacité modeste et la nécessité de recourir à 5 injections intramusculaires. Une approche de vaccination passive par un anticorps monoclonal de longue demi-vie pourrait offrir le moyen de généraliser la prévention des infections à VRS à tous les enfants prématurés, y compris en bonne santé, si le rapport bénéfice-risque le permet.

Principaux résultats

Dans cette étude de phase 2b multicentrique (164 centres issus de 23 pays), des enfants prématurés (nés après 29 et 34 semaines de grossesse) en bonne santé ont été randomisés 2:1 entre une injection IM de nirsevimab (50 mg) ou de placebo. Au total, 1.453 enfants ont été recrutés au début de la saison des infections à VRS.

Après 150 jours, le taux des infections IRB dues à VRS et nécessitant une prise en charge médicale (critère principal d’évaluation) était respectivement de 2,6% vs 9,5% dans les groupes nirsevimab et placebo, soit une réduction significative de 70,1% [52,3-81,2]. Le rapport de risque (hazard ratio) d’infection VRB à VRS était ainsi estimé à 0,26 [0,16-0,43]. Les chiffres correspondant concernant les seuls cas hospitalisés (critère secondaire) étaient de 0,8% contre 4,1% (réduction de 78,4%) et le HR de 0,19 [0,08-0,44]. La réduction des infections était similaire pour les infections à sous-groupe A et sous-groupe B. 

Le profil de sécurité du nirsevimab était globalement comparable à celui observé sous placebo : évènements secondaires sérieux chez 11,2% et 16,9% des enfants des deux groupes respectivement, évènements de grade de sévérité 3 ou 4 chez 8,0 et 12,5% respectivement, aucune réaction d’hypersensibilité observé dans l’un ou l’autre groupe, décès non attribuable à l’injection chez 2 et 3 enfants respectivement. Au total, 5,6% et 3,8% des enfants présentaient des anticorps anti-médicament post-inclusion, un seul ayant développé des Ac dans le groupe nirsevimab durant le suivi.

Financement

L’étude est sponsorisée par AstraZeneca et Sanofi.